Devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, l’ambassadeur du Maroc, Omar Hilale, a exprimé de vives préoccupations face aux tensions croissantes qui affectent les routes maritimes internationales. Dans un contexte marqué par la montée des rivalités stratégiques, il a dénoncé le recours de plus en plus fréquent aux passages maritimes clés comme instruments d’influence politique.
Lors de cette session consacrée aux enjeux de sécurité en mer, le représentant marocain a notamment évoqué les menaces récurrentes pesant sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, selon l’Agence internationale de l’énergie. Toute perturbation dans cette zone, a-t-il souligné, aurait des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Au-delà de ce point névralgique, le diplomate a également pointé les attaques visant des navires marchands en mer Rouge ou dans le golfe d’Aden, des incidents largement documentés par l’Organisation maritime internationale, qui alerte régulièrement sur la recrudescence des actes hostiles en mer. Pour Rabat, ces dynamiques constituent une remise en cause directe du principe de liberté de navigation consacré par le droit international.
Dans son intervention, Omar Hilale a insisté sur le fait que les espaces maritimes relèvent d’un patrimoine commun, qui ne saurait être soumis à des logiques de confrontation. Il a rappelé que plus de 80 à 90 % des échanges commerciaux mondiaux transitent par voie maritime, un chiffre régulièrement avancé par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, soulignant ainsi la dépendance structurelle de l’économie mondiale à la fluidité de ces routes.
Au regard de la multiplication des tensions en mer, une réponse collective s’impose pour préserver la stabilité des échanges mondiaux.

