Le gouvernement déploie de nouveaux leviers pour stimuler l’investissement, l’emploi et l’entrepreneuriat dans les zones rurales et montagneuses du Royaume. Devant la Chambre des représentants, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a détaillé une série de mécanismes destinés à accompagner les très petites et petites entreprises, avec un accent particulier sur l’agriculture et l’agroalimentaire, secteurs clés de l’économie territoriale.
Au cœur de cette stratégie figure l’encadrement des jeunes porteurs de projets. L’Exécutif a engagé la création, dans chaque région, de centres régionaux dédiés aux jeunes entrepreneurs agricoles et agroalimentaires. Ces structures ont vocation à offrir un accompagnement de proximité, depuis la phase d’idée jusqu’à la mise en œuvre concrète des projets, en intégrant l’appui technique, la formation et l’orientation vers les dispositifs de financement existants.
Parallèlement, le soutien aux coopératives agricoles portées par les jeunes a été renforcé dans le cadre des programmes d’agriculture solidaire. Ces actions ciblent près de 13.800 bénéficiaires et concernent environ 5.200 projets répartis sur plusieurs filières. L’objectif affiché est double : consolider les revenus en milieu rural et créer des emplois durables dans des zones longtemps confrontées à l’exode et à la fragilité économique.
La question du foncier agricole occupe une place centrale dans cette politique. Selon les chiffres avancés par le Chef du gouvernement, 121.000 hectares de terres domaniales ont été mobilisés au profit de 1.700 projets, représentant un investissement global estimé à 24 milliards de dirhams. Ces opérations devraient permettre la création d’environ 69.000 emplois, illustrant le rôle du foncier comme moteur direct de l’emploi et de la valeur ajoutée locale.
À cela s’ajoute la mobilisation d’un vaste patrimoine de terres soulaliyates, évalué à près d’un million d’hectares. Un dispositif de gouvernance spécifique et un accompagnement intégré ont été mis en place pour faciliter l’accès des porteurs de projets agricoles à ces terres, tout en assurant une gestion encadrée et transparente. Dans le même esprit, 324.000 hectares de terres en jachère ont fait l’objet d’une évaluation de leur potentiel agricole. Cette démarche a abouti à l’approbation de plus de 3.000 projets de location et à la signature d’accords de partenariat portant sur 35.000 hectares de terres collectives, sous la supervision des commissions provinciales compétentes.
Au-delà des chiffres, ces mesures s’inscrivent dans une transformation plus large de la politique de l’État en matière d’investissement. Le gouvernement entend renforcer la capacité des régions à concevoir et piloter leurs propres programmes de revitalisation économique, en tenant compte des spécificités locales. Cette orientation territoriale vise à rapprocher l’action publique des réalités du terrain, tout en favorisant l’émergence d’un tissu entrepreneurial ancré dans les zones rurales et montagneuses.
En misant sur l’agriculture, l’entrepreneuriat des jeunes et la valorisation du foncier, l’Exécutif cherche à créer une dynamique durable, capable de conjuguer croissance économique et progrès social. Une approche qui, selon le Chef du gouvernement, redessine progressivement le paysage du développement régional au Maroc, en donnant aux territoires les moyens de devenir des acteurs à part entière de la création d’emplois et de richesse.

