Le Conseil de la concurrence appelle à assouplir les conditions d’accès au marché de la distribution des médicaments, afin de garantir une meilleure disponibilité des traitements et un accès équitable pour les patients, dans un cadre de concurrence saine.
Dans un avis consacré à l’état de la concurrence dans ce secteur, l’institution souligne que l’accès au marché constitue un levier déterminant pour renforcer la compétitivité et améliorer l’accessibilité des médicaments. Toutefois, elle pointe des dysfonctionnements persistants, notamment les délais jugés excessifs pour l’obtention de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), qui s’étendent en moyenne de deux à trois ans, dépassant les délais réglementaires.
Ces lenteurs freinent l’introduction de nouvelles solutions thérapeutiques ainsi que le déploiement des médicaments génériques et biosimilaires, pourtant essentiels pour stimuler la concurrence et faire baisser les prix.
Pour y remédier, le Conseil recommande d’accélérer le traitement des demandes d’AMM, notamment en optimisant les procédures internes et en autorisant le dépôt anticipé des dossiers pour les génériques avant la fin de la période de protection réglementaire.
L’institution met également l’accent sur la nécessité de renforcer la digitalisation de la chaîne de distribution. Celle-ci permettrait non seulement de moderniser le secteur, mais aussi d’améliorer la traçabilité des médicaments, leur disponibilité et la régulation des prix. Toutefois, cette digitalisation reste encore insuffisante et inégalement déployée.
Dans ce sens, le Conseil préconise le développement de plateformes numériques de suivi pour anticiper les ruptures de stock et assurer une veille sur les prix à l’international, en coordination avec l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS). Il insiste également sur l’importance d’une digitalisation complète des प्रक्रessus d’enregistrement et de remboursement, reposant sur une interconnexion entre les différents acteurs du secteur.
Enfin, le Conseil souligne que les difficultés d’accès au financement constituent un frein majeur à la modernisation du réseau des pharmacies et des grossistes répartiteurs. Il propose ainsi la mise en place d’un mécanisme national de soutien financier, reposant sur un fonds de garantie dédié et des solutions de financement adaptées, afin de renforcer la trésorerie des acteurs et limiter les risques liés aux délais de paiement.


