À moins de deux ans de l’échéance présidentielle, Dominique de Villepin officialise son retour dans l’arène politique en lançant son propre parti baptisé La France humaniste. Un mouvement qu’il veut fédérateur et centré sur la justice sociale.
Ce lundi 23 juin, Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, a annoncé dans une interview au Parisien la création d’un nouveau parti politique. Intitulée La France humaniste, cette formation se présente comme un espace d’idées et de rassemblement citoyen, déjà implanté localement dans plusieurs régions. Villepin en sera le président d’honneur.
Une ligne politique de « mesure et d’équilibre »
À travers ce projet, le diplomate de formation entend proposer une alternative à ce qu’il décrit comme les extrêmes du paysage politique français. Il rejette à la fois les postures radicales de La France Insoumise et celles du Rassemblement National, plaidant pour une ligne politique modérée, fondée sur la cohérence budgétaire et la cohésion sociale.
“Nous devons retrouver le sens de la mesure, loin des surenchères sécuritaires ou financières”, a-t-il affirmé, estimant que le débat public actuel enferme les citoyens dans des oppositions stériles.
Contre la réforme des retraites de 2023
Au cœur de son engagement : l’abrogation de la réforme des retraites promulguée en 2023, qui a relevé l’âge légal de départ à 64 ans. Une mesure qu’il considère comme un « traumatisme national ». Invité de France Inter mardi 24 juin, il a réitéré son opposition à cette réforme, proposant en contrepartie un système à points, qu’il juge « plus clair et plus équitable ».
Selon lui, la version initiale du projet — abandonnée en 2020 à cause de la pandémie — aurait pu être salvatrice si elle n’avait pas été, selon ses termes, « sabotée » par l’introduction d’un âge pivot. Il souhaite aussi remettre sur la table la question de la pénibilité, et ouvrir un débat serein sur une dose marginale de capitalisation dans le système global, tout en réaffirmant son attachement au modèle par répartition.
Une candidature en ligne de mire ?
S’il ne se déclare pas encore candidat pour 2027, Dominique de Villepin ne cache pas ses ambitions. Il affirme qu’obtenir les parrainages nécessaires ne serait « pas un obstacle » au vu du soutien déjà recueilli. Il dit vouloir « redonner à la fonction présidentielle sa vocation première : celle d’un arbitre, garant des institutions et source d’inspiration nationale ».
Son mouvement sera coordonné par Benoît Jimenez, maire UDI de Garges-lès-Gonesse. L’adhésion y sera gratuite. D’ici la fin de l’été, l’équipe entend se structurer davantage pour préparer les échéances à venir.


