Restée en ligne plusieurs heures sur le compte personnel du président américain, une vidéo à caractère raciste visant Barack et Michelle Obama a provoqué une onde de choc à Washington. Face à l’indignation, y compris dans les rangs républicains, l’exécutif a dû reculer et parler d’une publication « par erreur ».
La Maison Blanche a reconnu, jeudi, la diffusion puis la suppression d’un montage raciste partagé sur le compte Truth Social de Donald Trump. La vidéo, relayée durant près d’une douzaine d’heures, montrait Barack Obama et son épouse Michelle affublés d’une représentation dégradante, déclenchant une vive controverse aux États-Unis.
Dans un premier temps, l’entourage présidentiel avait tenté de minimiser l’affaire. La porte-parole de la présidence, Karoline Leavitt, dénonçait une « fausse indignation » et s’en prenait aux médias ayant relayé l’information. Mais l’ampleur de la réaction, jusque dans le camp conservateur, a contraint la Maison Blanche à revoir sa position.
Un haut responsable de l’exécutif a finalement indiqué à l’AFP qu’« un employé de la Maison Blanche avait publié ce contenu par erreur », ajoutant que la vidéo avait été retirée dès que l’erreur avait été identifiée. Aucune précision n’a toutefois été donnée sur l’identité de cet employé ni sur la gestion exacte du compte personnel du président sur Truth Social.
Les condamnations n’ont pas tardé. La sénatrice républicaine Katie Britt a estimé que ce contenu « n’aurait jamais dû être publié » et qu’il « ne reflète pas la nation que nous sommes ». Dans l’opposition démocrate, le ton a été encore plus dur : Hakeem Jeffries a fustigé un comportement indigne, tandis que le gouverneur de Californie Gavin Newsom a dénoncé une attitude « ignoble ».
Fait plus rare, la contestation a également traversé les rangs républicains. Le sénateur Tim Scott, seul élu noir du parti à la chambre haute, a qualifié la publication de « chose la plus raciste » qu’il ait vue émaner de la Maison Blanche. Son collègue Roger Wicker a, lui aussi, jugé le contenu « totalement inacceptable ».
Selon les éléments disponibles, la vidéo provenait à l’origine d’un site d’extrême droite et s’inscrivait dans une séquence complotiste contestant les résultats de l’élection présidentielle de 2020. Le passage incriminé, inséré très brièvement à la fin du montage, a suffi à cristalliser les critiques et à raviver les accusations de dérives racistes entourant la communication du président.
L’épisode remet une nouvelle fois en lumière l’usage controversé que fait Donald Trump de ses réseaux sociaux, à la fois outil de communication politique et tribune personnelle, et ravive une animosité ancienne à l’égard de l’ancien président démocrate, régulièrement ciblé par des attaques et des théories complotistes depuis plusieurs années.

