Le président américain Donald Trump a décidé de repousser au 6 avril l’ultimatum adressé à l’Iran, suspendant pour dix jours toute frappe contre des infrastructures énergétiques. Cette annonce intervient alors que les discussions indirectes entre Washington et Téhéran se poursuivent, dans un climat de tension marqué par près d’un mois de conflit au Moyen-Orient et une forte volatilité des marchés pétroliers.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump affirme avoir pris cette décision “à la demande du gouvernement iranien”, tout en assurant que les échanges en cours “se passent très bien”, malgré la méfiance persistante des autorités iraniennes. Initialement fixé au 23 mars, puis repoussé une première fois, cet ultimatum visait notamment à obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Un premier signe d’apaisement est apparu avec l’autorisation donnée par Téhéran au passage de dix pétroliers dans ce corridor maritime, bloqué de facto depuis plusieurs semaines. Pour Washington, ce geste confirme l’existence d’interlocuteurs jugés fiables au sein du pouvoir iranien. En parallèle, des canaux diplomatiques discrets restent actifs, notamment via des intermédiaires régionaux. Selon une source relayée par l’agence Tasnim, l’Iran aurait transmis une réponse officielle au plan américain, assortie de conditions pour une éventuelle désescalade.
Sur le terrain, la situation demeure pourtant explosive. Israël poursuit ses opérations militaires en Iran, ainsi qu’au Liban, où le conflit s’étend progressivement. Plusieurs frappes d’envergure ont été menées sur des sites stratégiques iraniens, tandis que des explosions ont été signalées à proximité de Téhéran. De son côté, l’État hébreu fait face à des tirs de missiles répétés visant notamment Tel-Aviv, Jérusalem et le nord du pays.
Le conflit, déclenché fin février, s’inscrit désormais dans une logique régionale plus large. Le Liban est entraîné dans les affrontements via le Hezbollah, allié de Téhéran, tandis que les pays du Golfe s’inquiètent des répercussions sécuritaires et économiques. Le Conseil de coopération du Golfe a d’ailleurs exprimé sa volonté de participer aux discussions, dans l’espoir de stabiliser une zone stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
À Washington, le ton reste ambivalent. Si Donald Trump évoque une opération militaire “en avance sur le calendrier” et promet une issue rapide, il continue de brandir la menace d’une escalade en cas d’échec des négociations. Il n’exclut pas non plus des mesures plus radicales, comme une prise de contrôle des ressources pétrolières iraniennes, une hypothèse qui inquiète déjà les marchés et les chancelleries.
Dans ce contexte incertain, la suspension temporaire des frappes apparaît comme une fenêtre diplomatique fragile. Elle offre un répit dans un conflit aux multiples fronts, mais ne garantit en rien une sortie de crise. L’évolution des discussions dans les prochains jours sera déterminante pour éviter un embrasement plus large du Moyen-Orient.

