Loin de toute logique d’absence ou de retour, Elam Jay poursuit un parcours artistique construit dans la continuité. Après avoir dévoilé, en novembre dernier, Sahra Dyalna, un titre fédérateur célébrant l’unité nationale, l’artiste enchaîne avec BAN SHITA NO, confirmant une présence régulière et une vision artistique cohérente.
Avec Sahra Dyalna, Elam Jay avait proposé un hymne à la fierté marocaine, porté par un message d’unité, de solidarité et d’attachement aux symboles communs. Le morceau, largement partagé, s’inscrivait dans une démarche rassembleuse, ancrée dans l’actualité et dans une lecture émotionnelle du lien à la terre et à l’identité.
BAN SHITA NO explore un autre registre, plus intérieur, sans rompre avec cette même exigence artistique. Le titre s’appuie sur une fusion maîtrisée entre afrobeat, afro-house et amapiano, enrichie par des sonorités marocaines et un chant en darija. Il aborde les tensions invisibles qui traversent les relations humaines : jalousie, intentions dissimulées, fragilités intimes qui finissent par faire surface.
Les couplets, chargés d’une intensité presque rituelle, rappellent l’héritage gnawa et l’influence de formations emblématiques comme Nass El Ghiwane ou Jil Jilala. Le refrain, plus frontal et rythmé, inscrit le morceau dans une écriture actuelle, accessible et pensée pour le mouvement.
L’univers visuel prolonge cette ambition. Le clip de BAN SHITA NO mêle images tournées à Tokyo et décors réalisés au Marrakech Media Village, créant un dialogue entre esthétique japonaise et imaginaire africain. Un choix artistique qui traduit la volonté d’Elam Jay de penser sa musique comme un espace ouvert, où les cultures se croisent sans se diluer.
Artiste, producteur et entrepreneur, Elam Jay continue ainsi d’affirmer une signature singulière, nourrie par ses racines marocaines et son parcours international. De Sahra Dyalna à BAN SHITA NO, sa démarche s’inscrit dans une même ligne : raconter le collectif comme l’intime, avec une musique africaine contemporaine, assumée et tournée vers le monde.

