La compagnie aérienne Emirates mettra un terme définitif à ses vols vers l’Algérie à compter de février 2027. Le dernier départ assuré par le vol EK757 est programmé pour le 3 février 2027 au départ d’Alger. Cette annonce intervient après la décision d’Alger de rompre la convention bilatérale sur les services aériens qui la liait aux Émirats arabes unis, actant de fait l’arrêt des liaisons entre les deux pays.
Jusqu’à cette échéance, les rotations entre Dubaï et Alger se poursuivront sans modification. Emirates assure actuellement six vols hebdomadaires opérés en Boeing 777-300ER, offrant aux voyageurs algériens une connexion stratégique vers l’Asie, l’Afrique australe et l’Océanie via son hub de Dubaï. La disparition de cette liaison réduira significativement les options long-courriers au départ d’Alger, dans un marché déjà marqué par une offre limitée.
La rupture de la convention bilatérale sur les services aériens constitue le point de bascule. Ce cadre juridique encadrait le survol des territoires respectifs, les conditions d’exploitation commerciale et certains régimes douaniers applicables aux compagnies aériennes. Sa dénonciation entraîne mécaniquement l’arrêt des vols réguliers entre les deux États, y compris ceux opérés par la compagnie nationale Air Algérie vers Dubaï.
Si les autorités algériennes n’ont pas détaillé publiquement les motivations officielles de cette décision, elle s’inscrit dans un climat diplomatique dégradé entre Alger et Abu Dhabi. Depuis plusieurs années, les relations se sont tendues autour de dossiers régionaux sensibles. À Alger, l’implication croissante des Émirats dans des théâtres comme la Libye, le Soudan ou le Sahel est perçue comme une source d’instabilité. En octobre dernier, le président Abdelmadjid Tebboune avait dénoncé les agissements d’« un pays frère », sans le nommer explicitement, mais le message avait été largement interprété comme visant les Émirats.
Sur le plan du transport aérien international, l’arrêt des vols Emirates vers l’Algérie en 2027 aura des conséquences concrètes pour les passagers. La liaison Alger-Dubaï représentait un accès direct vers un hub mondial majeur, facilitant les correspondances vers l’Asie-Pacifique et certaines destinations africaines difficilement accessibles en vol direct depuis l’Algérie. À terme, les voyageurs devront composer avec des itinéraires plus longs, des escales supplémentaires et, potentiellement, des tarifs moins compétitifs.
Emirates a précisé que les réservations existantes resteront valables jusqu’à la date de cessation des opérations. La compagnie indique se conformer aux directives gouvernementales et invite les passagers concernés au-delà du 3 février 2027 à contacter leurs agences ou ses services commerciaux afin d’organiser des solutions alternatives.
Au-delà de la seule relation bilatérale, cet épisode alimente le débat sur la connectivité aérienne de l’Algérie et son attractivité pour les grandes compagnies internationales. Dans un environnement régional concurrentiel où les hubs du Golfe jouent un rôle structurant dans les flux intercontinentaux, la perte d’un acteur de premier plan comme Emirates redessine la carte des correspondances au départ d’Alger. Les prochains mois permettront de mesurer si d’autres opérateurs viendront combler ce vide ou si la réduction de l’offre s’inscrira dans la durée.
En attendant, la fin programmée des vols Emirates vers l’Algérie marque un tournant dans les relations aériennes entre Alger et Abu Dhabi, avec des répercussions diplomatiques et économiques qui dépassent largement le seul secteur du transport.

