Les Émirats arabes unis ont été la cible de 137 missiles balistiques et de 209 drones lancés par l’Iran, a annoncé dimanche le ministère de la Défense à Abou Dhabi. Selon les autorités, la grande majorité des projectiles a été interceptée par l’armée de l’air et les systèmes de défense aérienne du pays. Ces frappes, présentées par Téhéran comme une riposte à l’attaque israélo-américaine, constituent l’une des séquences militaires les plus tendues qu’ait connues le Golfe ces dernières années.
Dans un communiqué relayé par l’agence officielle WAM, le ministère émirati précise que 132 missiles sur 137 ont été détruits en vol, tandis que cinq sont tombés en mer. Sur les 209 drones détectés, 195 ont été neutralisés. Les 14 restants ont atterri sur le territoire ou dans les eaux émiraties. Des débris sont tombés dans plusieurs zones, causant des dégâts matériels qualifiés de mineurs sur des installations civiles.
L’aéroport international Zayed d’Abou Dhabi a confirmé qu’au moins une personne a été tuée et sept autres blessées lors d’un incident lié à ces attaques. Les autorités n’ont pas détaillé la nature exacte des impacts sur l’infrastructure aéroportuaire, mais ont assuré que les mesures nécessaires avaient été prises pour sécuriser les lieux et protéger les voyageurs.
Face à cette offensive, le ministère de la Défense des Émirats a indiqué être en état d’alerte maximale et mobiliser l’ensemble de ses capacités pour préserver la sécurité et la stabilité du pays. Les autorités ont fermement condamné ces frappes, qualifiées d’« escalade dangereuse » mettant en péril les civils et l’équilibre régional.
Sur le plan politique, la réaction a été tout aussi directe. Anwar Gargash, conseiller du président émirati, a adressé un message clair à Téhéran. « Votre guerre n’est pas avec vos voisins », a-t-il déclaré, estimant que les frappes contre les États du Golfe constituent une erreur de calcul qui isole davantage la République islamique à un moment critique. Il a exhorté l’Iran à revenir à une approche plus responsable et à éviter une montée supplémentaire des tensions.
Cette séquence s’inscrit dans un climat régional déjà fragilisé par l’attaque israélo-américaine évoquée par l’Iran pour justifier sa riposte. Le Golfe, carrefour stratégique pour l’énergie mondiale et le commerce maritime, redoute un embrasement qui dépasserait le cadre bilatéral. Les marchés pétroliers et les routes aériennes pourraient être directement affectés si la confrontation venait à s’intensifier.
Les chiffres communiqués par Abou Dhabi témoignent néanmoins d’une capacité de défense aérienne robuste. L’interception de la quasi-totalité des missiles balistiques et drones revendiqués par l’Iran met en lumière l’investissement massif des Émirats dans leurs systèmes antimissiles et leur coordination militaire. Pour autant, l’impact humain, même limité, rappelle la vulnérabilité persistante des infrastructures civiles face aux menaces asymétriques.
Au-delà de l’aspect militaire, l’épisode pose la question de la stabilité du Golfe et des lignes rouges entre puissances régionales. Les Émirats, qui entretiennent des relations économiques majeures avec leurs voisins, cherchent à éviter d’être entraînés dans un conflit ouvert tout en affirmant leur droit à la défense. La prochaine étape dépendra des choix diplomatiques et militaires de Téhéran, mais aussi des réactions internationales.


