La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et l’Agence belge de coopération Enabel ont lancé un programme de renforcement des capacités destiné aux fédérations sectorielles et aux structures régionales de la confédération, avec un objectif clair : faire de ces organisations des leviers concrets d’insertion socio-économique pour les jeunes et les femmes, dans un contexte national marqué par le chômage, la précarité de l’emploi féminin et la persistance du secteur informel.
Ce programme, inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale Maroc–Belgique pour la période 2024-2029, cible neuf fédérations sectorielles internes de la CGEM et quatre CGEM Régions. Les actions sont concentrées dans les zones Centrale, Orientale et du Haut Atlas, des territoires où les fragilités socio-économiques sont particulièrement marquées, notamment dans l’arrière-pays et dans certaines zones touchées par le séisme du 8 septembre 2023.
L’initiative repose sur une conviction partagée par les deux partenaires : les fédérations sectorielles et les structures régionales occupent une position stratégique dans l’organisation des filières économiques, la professionnalisation des acteurs et la mise en relation entre entreprises, territoires et politiques publiques. Pourtant, leur potentiel reste souvent freiné par des limites structurelles, qu’il s’agisse d’un manque de visibilité, de difficultés à mobiliser des ressources, de contraintes de financement ou d’une gouvernance interne encore perfectible.
Pour y répondre, le programme s’articule autour de trois leviers opérationnels. D’abord, un diagnostic approfondi des besoins de chaque entité bénéficiaire, couvrant la gouvernance, la structuration interne, l’ingénierie de services et la communication. Ensuite, des formations-actions collectives, conçues pour répondre aux besoins communs identifiés et renforcer les compétences organisationnelles et techniques. Enfin, un accompagnement individualisé, avec un coaching dédié, afin de garantir la mise en œuvre effective et durable des plans de renforcement.
L’ambition affichée est de professionnaliser l’offre de services des fédérations et des CGEM Régions, d’accroître leur visibilité auprès des acteurs économiques et institutionnels, et de consolider leur rôle dans la création d’opportunités d’insertion professionnelle et entrepreneuriale. Pour la CGEM, organisation patronale de référence, il s’agit aussi de renforcer son ancrage territorial et sa capacité à accompagner les filières économiques dans un environnement en mutation.
Le programme s’inscrit dans une architecture d’intervention structurée autour de deux piliers complémentaires. Le premier est consacré à l’inclusion économique. Il vise à améliorer les compétences des jeunes et des femmes, qu’il s’agisse de compétences professionnelles, entrepreneuriales ou transversales, et à renforcer leur accompagnement vers l’emploi, l’auto-emploi et l’entrepreneuriat. Le second pilier porte sur la qualité du travail, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions des travailleurs, la formalisation progressive du secteur informel, le renforcement du dialogue social et un meilleur accès à la protection sociale.
Au-delà des dispositifs techniques, le projet s’inscrit dans une vision plus large, alignée à la fois sur le Nouveau Modèle de Développement du Maroc, l’agenda du travail décent de l’Organisation internationale du Travail et les politiques nationales en matière d’emploi et d’employabilité. L’enjeu est de créer un effet de levier institutionnel en renforçant les organisations qui structurent les filières et irriguent les territoires, afin de transformer la croissance économique en emplois décents et durables.
En misant sur le renforcement des capacités des fédérations sectorielles et des CGEM Régions, la CGEM et Enabel font le pari d’une action en profondeur, au plus près des réalités territoriales. Un pari qui place la gouvernance économique, le développement régional et l’insertion socio-professionnelle au cœur de la transition sociale du Maroc, avec l’objectif de donner aux jeunes et aux femmes des perspectives concrètes, là où elles font encore défaut.


