La province d’Errachidia a franchi une étape décisive avec la mise en service du réseau d’irrigation rattaché au barrage Kaddoussa. Mercredi, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, s’est rendu à Boudenib pour lancer officiellement ce projet stratégique. Entouré du Wali de la région Drâa-Tafilalet, du président du Conseil régional, d’élus, d’acteurs agricoles et de représentants des coopératives, le ministre a souligné la portée structurante de cette infrastructure hydraulique au service de l’agriculture durable.
Ce projet, amorcé en 2008, s’inscrit dans une vision globale qui vise à renforcer la résilience de l’agriculture dans la région, tout en répondant aux enjeux de raréfaction de l’eau. L’infrastructure comprend notamment un adducteur sous pression long de 22,6 kilomètres, un réseau de distribution s’étalant sur 127 kilomètres, ainsi qu’un bassin de régulation d’une capacité de 12.000 mètres cubes. Autant d’éléments qui illustrent une volonté claire de moderniser les systèmes d’irrigation pour mieux valoriser les ressources hydriques disponibles.
À travers ce chantier, le gouvernement ambitionne de valoriser près de 30 millions de mètres cubes d’eau par an issus du barrage Kaddoussa. Une ressource précieuse qui permettra d’assurer une irrigation efficace sur 5.000 hectares, incluant 825 hectares de palmeraies traditionnelles et 4.175 hectares de nouvelles zones agricoles. Ces superficies, désormais équipées en irrigation localisée, ouvriront la voie à une meilleure gestion de l’eau et à une valorisation durable des terres collectives.
Les retombées sociales du projet sont tout aussi significatives. Quelque 16.600 personnes en bénéficieront directement, notamment les habitants des communes de Oued Naam, les exploitants agricoles ayants droit et des promoteurs privés engagés dans le développement rural. Plus de 3,6 millions de journées de travail ont déjà été générées durant les phases de chantier, sans compter les opportunités futures liées à l’exploitation agricole.
Le financement de ce projet, qui avoisine 1 milliard de dirhams, repose sur une synergie entre l’État (37 %), l’Agence Française de Développement (42 %) et le Fonds Vert pour le Climat (21 %). Une configuration qui reflète l’importance stratégique de cette initiative dans le cadre des engagements nationaux et internationaux en matière de lutte contre le changement climatique et de sécurisation de l’eau.
En parallèle au volet infrastructurel, le ministère a mis en place plusieurs mesures d’accompagnement en faveur des agriculteurs. Un total de 139 projets, soutenus à hauteur de 30 millions de dirhams, a été lancé pour dynamiser l’économie locale, notamment à travers le soutien aux jeunes, aux coopératives et aux associations. Ces actions visent à encourager les bonnes pratiques agricoles et à consolider la résilience des oasis face aux aléas climatiques.
Parmi les autres étapes de la visite, le ministre a inauguré, au niveau de la palmeraie de Tazouguert, un seuil de dérivation destiné à capter les eaux des bassins intermédiaires et à renforcer la recharge de la nappe phréatique. Trois autres seuils similaires ont été réalisés dans la région dans le cadre du même projet.
Sur le terrain, la visite s’est poursuivie par l’inspection d’exploitations agricoles raccordées au réseau via 77 prises d’eau collectives, et la mise en eau d’une palmeraie réhabilitée à Taous. Cette dernière s’inscrit dans un programme plus large de réhabilitation de sept oasis, ayant permis la rénovation de 43 km de séguias, 7,5 km de khettaras, la réalisation de 12 prises d’eau et l’équipement de sept forages, pour un montant global de 62,74 millions de dirhams.
La journée s’est achevée par le lancement de l’irrigation dans une exploitation spécialisée dans la culture et la valorisation des dattes, témoignant de la volonté d’encourager des filières porteuses dans la région.

