L’été 2025 s’annonce meurtrier pour l’Espagne. Selon les autorités sanitaires, 1 180 personnes ont perdu la vie entre la mi-mai et la mi-juillet à cause des températures exceptionnellement élevées qui ont frappé le pays, soit une multiplication par dix du bilan par rapport à la même période l’an dernier.
Ce sont principalement les personnes âgées qui ont été les plus durement touchées, en particulier les femmes de plus de 65 ans. Le nord du pays, habituellement épargné par les excès thermiques estivaux, a cette fois été en première ligne. Les régions de Galice, de la Rioja, des Asturies et de Cantabrie enregistrent les taux de mortalité les plus élevés.
Avec des températures franchissant régulièrement le seuil des 40 °C, l’Espagne, à l’instar d’autres pays d’Europe occidentale, subit de plein fouet les effets d’une chaleur persistante et intense. Le ministère de l’Environnement souligne que cette séquence constitue un épisode « d’ampleur exceptionnelle », marqué par une hausse inédite des moyennes saisonnières et une augmentation notable des décès liés au stress thermique.
Les données, issues de l’Institut de santé Carlos III, révèlent une progression inquiétante du phénomène. Rien que durant la première semaine de juillet, le nombre de victimes a fortement grimpé. En comparaison, seuls 114 décès avaient été attribués à la chaleur sur la même période en 2024.
Autre indicateur de cette aggravation : 76 alertes rouges pour canicule ont été déclenchées en deux mois, contre aucune l’année précédente.
L’année 2024 s’était déjà révélée alarmante, avec 2 191 morts sur l’ensemble de la saison estivale à cause de la chaleur. Le scénario de 2025 semble suivre une trajectoire encore plus dramatique.
Parallèlement, une analyse menée par des chercheurs de l’Imperial College London et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine estime que 2 300 décès liés à la chaleur ont été recensés dans 12 grandes villes européennes en seulement dix jours, autour de la fin juin. On ne sait pas encore si cette étude repose sur des critères similaires à ceux des autorités espagnoles.
Cette situation relance le débat sur l’adaptation des pays européens aux dérèglements climatiques, et sur la nécessité de mettre en place des dispositifs de prévention plus efficaces pour les populations les plus vulnérables.

