De retour sur le plateau de son talk-show mardi soir, Jimmy Kimmel a livré un plaidoyer ibrant en faveur de la liberté d’expression, répondant ainsi à la polémique née de ses propos sur l’assassinat de l’influenceur conservateur Charlie Kirk. L’humoriste, suspendu plusieurs jours par ABC sous la pression politique, a dénoncé une « atteinte directe au premier amendement ».
Kimmel face à la tempête
« Lorsqu’un gouvernement tente de faire taire un comédien simplement parce que ses blagues ne plaisent pas au président, c’est tout sauf américain », a lancé Kimmel à l’ouverture de son émission, la voix parfois tremblante. Il a reconnu que ses remarques sur la mort de Charlie Kirk avaient pu sembler maladroites, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait « jamais eu l’intention de minimiser le meurtre d’un jeune homme ».
Très ému, il a salué la dignité d’Erika Kirk, veuve de l’influenceur, qui avait publiquement pardonné au suspect lors de la cérémonie d’hommage.
Trump contre-attaque
Avant même la diffusion, Donald Trump avait repris la charge sur son réseau Truth Social, accusant ABC de servir de relais au parti démocrate. « Voyons comment nous allons traiter cela. La dernière fois que je les ai poursuivis, j’ai gagné 16 millions de dollars », a écrit le président américain.
Ses partisans accusent Kimmel d’avoir instrumentalisé un drame et continuent d’exiger des excuses publiques.
Boycott et suspension
L’affaire avait pris une tournure politique lorsque deux grands groupes de télévision locaux, Nexstar et Sinclair, avaient annoncé qu’ils ne diffuseraient plus « Jimmy Kimmel Live! ». La chaîne mère ABC, propriété de Disney, avait dans la foulée suspendu l’émission, déclenchant un tollé national.
Pour une partie de la droite, le comédien est allé trop loin. Mais à gauche, la suspension a été perçue comme une tentative de museler une figure médiatique critique du président. Même certains conservateurs, comme Ted Cruz ou Tucker Carlson, ont exprimé leurs réserves.
La liberté d’expression au centre du débat
La décision de rétablir Kimmel à l’antenne a été saluée par son public comme une victoire du premier amendement. « Il ne s’agit pas seulement de divertissement, c’est une question de droits fondamentaux », a expliqué Rogelio Nunez, spectateur venu à Los Angeles pour assister à l’émission. Dans la salle, l’ambiance était décrite comme « chargée d’émotion », entre soulagement et ferveur.
« Aujourd’hui, la liberté d’expression a gagné », s’est réjoui un autre spectateur brandissant une pancarte « Welcome Back Jimmy ».

