Une enquête publiée par Associated Press (AP) relate le parcours “singulier” d’une jeune Marocaine de 21 ans qui avait sollicité l’asile aux États-Unis en invoquant son orientation sexuelle. Après plusieurs mois de détention sur le sol américain, elle a finalement été expulsée vers un pays tiers africain, le Cameroun, avant d’être renvoyée au Maroc.
Selon AP, la jeune femme, identifiée sous le prénom de Farah, affirme avoir quitté le Maroc après des tensions familiales liées à sa relation avec une autre femme. Elle aurait transité par le Brésil puis traversé plusieurs pays d’Amérique latine pour rejoindre la frontière américaine début 2025 et y déposer une demande d’asile.
Aux États-Unis, elle est placée en centre de rétention en Arizona puis en Louisiane pendant près d’un an. Sa demande d’asile est rejetée, mais un juge de l’immigration lui accorde par la suite une mesure de protection lui interdisant un renvoi direct vers le Maroc.
Expulsion vers un pays tiers
D’après les éléments recueillis par Associated Press, la jeune femme est néanmoins transférée sous escorte vers le Cameroun, pays qu’elle n’avait jamais visité. Elle y est placée dans un centre de détention à Yaoundé.
Toujours selon AP, elle ferait partie d’un groupe de migrants expulsés vers des pays tiers dans le cadre d’accords conclus par l’administration du président Donald Trump. L’agence indique que plusieurs États africains auraient accepté d’accueillir temporairement des ressortissants étrangers expulsés des États-Unis.
Des documents cités par AP évoquent des dizaines de cas similaires et mentionnent des accords en cours de négociation avec plusieurs pays.
Retour au Maroc
La jeune femme aurait finalement été renvoyée au Maroc depuis le Cameroun. Elle indique à AP vivre aujourd’hui dans la discrétion.
L’agence américaine précise avoir consulté des documents judiciaires relatifs à son dossier et interrogé des avocats impliqués dans ces procédures d’expulsion.
Une illustration des nouvelles pratiques migratoires américaines
Le cas rapporté par Associated Press met en lumière une pratique de plus en plus utilisée par Washington : l’expulsion de migrants vers des pays tiers lorsqu’un retour direct vers leur pays d’origine est juridiquement bloqué.
Les autorités américaines affirment, selon AP, appliquer la législation en vigueur et garantir le respect des procédures. Les accords conclus avec certains pays africains s’inscrivent dans cette stratégie.


