Depuis trois ans, une succession troublante de décès et de disparitions touchant des scientifiques liés à des recherches sensibles inquiète les autorités américaines, qui cherchent désormais à établir d’éventuelles connexions.
Aux États-Unis, une affaire aussi opaque qu’inquiétante mobilise désormais plusieurs agences fédérales. Depuis 2023, une dizaine de scientifiques et d’experts impliqués dans des programmes stratégiques ont été tués ou portés disparus dans des circonstances jugées suspectes, poussant les autorités à ouvrir une enquête de grande ampleur .
Le profil des personnes concernées intrigue. Parmi elles figurent un ancien haut gradé de l’armée de l’air disparu au Nouveau-Mexique, un physicien du Massachusetts Institute of Technology abattu devant son domicile, ainsi que plusieurs chercheurs liés à la NASA, décédés dans des conditions qualifiées de « mystérieuses ». À ces cas s’ajoute celui d’une ingénieure aérospatiale disparue après une randonnée en Californie.
Face à cette série d’événements, le FBI a annoncé le lancement d’investigations visant à « établir d’éventuels liens » entre ces affaires. L’agence fédérale travaille en coordination avec plusieurs institutions, dont le département de l’Énergie et le département de la Défense, ainsi qu’avec les forces de l’ordre locales.
Le Congrès s’est également saisi du dossier. La commission de surveillance de la Chambre des représentants a ouvert sa propre enquête, soulignant que les personnes concernées avaient accès à des informations sensibles. Son président, James Comer, a évoqué la possibilité d’une menace sérieuse pour la sécurité nationale, estimant que « quelque chose de potentiellement inquiétant » pourrait se dessiner derrière ces disparitions.
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Le président Donald Trump a indiqué suivre le dossier de près, évoquant des profils « très importants » et confirmant la tenue de réunions à ce sujet.
De son côté, la NASA a tenté de calmer les inquiétudes, affirmant qu’aucun élément ne permet, à ce stade, de conclure à une menace directe liée à ses activités.
Selon les premières reconstitutions, cette série débute avec le décès en 2023 de Michael David Hicks, un scientifique ayant travaillé pendant près de vingt-cinq ans au sein d’un laboratoire de la NASA. Depuis, au moins onze cas ont été recensés, impliquant notamment des chercheurs du Jet Propulsion Laboratory, des employés du laboratoire nucléaire de Los Alamos, ainsi que des figures reconnues du monde scientifique.
Parmi les affaires les plus marquantes figure la disparition récente de William « Neil » McCasland, ancien commandant de l’armée de l’air. L’homme de 68 ans s’est volatilisé après avoir quitté son domicile, sans emporter ses effets personnels essentiels, un détail qui alimente les spéculations.
Alors que les théories se multiplient, notamment sur les réseaux sociaux, les autorités appellent à la prudence. Mais en coulisses, l’inquiétude grandit : la concentration de ces cas au sein de milieux scientifiques sensibles soulève des interrogations sur d’éventuelles ingérences ou opérations ciblées.
À ce stade, aucune piste n’est privilégiée. Mais pour Washington, une certitude s’impose : ces disparitions ne peuvent plus être considérées comme de simples coïncidences.


