Dans un paysage urbain en pleine mutation, les habitudes de déplacement des Marocains changent à grande vitesse. C’est ce que révèle la dernière enquête menée par le Groupe Sunergia en partenariat avec L’Économiste. Cette étude dresse un état des lieux inédit de l’usage des transports publics en 2025, tout en s’intéressant de près à la montée en puissance des applications VTC (Voiture de Transport avec Chauffeur) comme InDrive ou Yango.

Les petits taxis dominent, mais les VTC font leur trou
Dans les grandes agglomérations, 72 % des Marocains déclarent recourir aux transports en commun. Les petits taxis arrivent en tête des moyens les plus utilisés (50 %), notamment chez les femmes, les jeunes et les citadins. Les grands taxis suivent de près (47 %), talonnés par les bus (40 %), alors que le tramway (9 %) et le Busway (3 %) peinent à élargir leur public en dehors des centres urbains.
Mais une autre tendance se confirme : les VTC ne cessent de gagner du terrain. Même si seuls 18 % des Marocains affirment avoir déjà utilisé une application de ce type, ce chiffre est en nette progression dans les grandes villes et chez les jeunes adultes des catégories socioprofessionnelles supérieures. Parmi les freins évoqués par ceux qui n’y ont jamais eu recours : la méconnaissance du service (40 %), l’absence de besoin réel (26 %) ou encore la non-couverture géographique (16 %).
InDrive, le champion toutes catégories
Parmi les utilisateurs d’applications de transport, une écrasante majorité (96 %) se tourne vers InDrive, loin devant Yango (4 %) ou Careem (2 %). La fréquence d’utilisation reste toutefois modérée : seuls 7 % affirment recourir à ces services au quotidien, 13 % plusieurs fois par semaine, et la majorité de manière occasionnelle. La tranche d’âge la plus régulière dans l’usage de ces applications se situe entre 35 et 44 ans.
L’une des grandes forces des services VTC réside dans la qualité de l’expérience client. Près de 97 % des utilisateurs jugent le service bon, dont 86 % allant jusqu’à le qualifier de « très bon ». En matière de sécurité, les chiffres sont tout aussi éloquents : 95 % affirment se sentir en sécurité lorsqu’ils utilisent ces applications, un ressenti particulièrement marqué chez les jeunes adultes et les habitants des zones rurales du Nord et de l’Est.
Une concurrence assumée avec les taxis
Alors que les petits taxis bénéficient toujours d’un fort taux d’utilisation, ils doivent désormais composer avec une concurrence jugée plus efficace par une partie croissante de la population. Selon l’enquête, 76 % des usagers de VTC estiment que ces services surpassent les taxis traditionnels, tandis que 17 % les jugent équivalents. Seuls 4 % pensent que les taxis offrent un meilleur service.
Vers un nouvel équilibre urbain ?
Si l’adoption des VTC reste encore limitée à certaines catégories sociales et zones géographiques, leur taux de satisfaction exceptionnel et leur présence croissante pourraient redessiner les contours de la mobilité urbaine au Maroc. Reste à voir si les opérateurs traditionnels sauront s’adapter à cette transformation.


