Le Maroc s’impose cette année comme un acteur incontournable sur le marché européen des légumes frais, avec des exportations de concombres atteignant 27.700 tonnes entre juillet 2024 et avril 2025, pour une valeur de 26,3 millions de dollars. Ce volume dépasse d’ores et déjà celui de toute la saison précédente, confirmant la dynamique haussière de ce segment agricole. Selon les données de la plateforme EastFruit, il s’agit d’un record national inédit, porté par une combinaison de facteurs favorables et une stratégie d’ouverture vers de nouveaux marchés.
Depuis six campagnes consécutives, les ventes de concombres marocains à l’étranger progressent en moyenne de 32 % par an. Cette croissance régulière repose sur plusieurs piliers : amélioration des techniques de culture, organisation accrue des producteurs, logistique adaptée et orientation vers des marchés à forte demande. Le pic d’activité enregistré en janvier 2025, avec 5.900 tonnes expédiées en un mois, reflète la capacité du Royaume à répondre à la demande en période de tension sur l’offre européenne.
L’Espagne confirme sa position de premier client avec 57 % des volumes exportés cette saison. Cette coopération renforcée depuis 2022/2023 témoigne d’une complémentarité entre les deux pays, l’un comme fournisseur fiable et l’autre comme distributeur clé sur le continent. En revanche, les importations britanniques, historiquement en deuxième position, ont reculé, ouvrant la voie à une progression notable du Portugal, désormais troisième destination. Cette évolution traduit un recentrage stratégique vers des partenaires stables et en croissance.
L’élargissement du périmètre commercial vers l’Italie et les Pays-Bas, encore limités en volume mais dynamiques, laisse entrevoir de nouveaux relais de croissance. La proximité géographique, les exigences croissantes en matière de produits frais et l’intérêt pour les légumes issus de l’agriculture méditerranéenne en font des marchés à potentiel. Le Maroc mise ainsi sur une diversification maîtrisée pour renforcer la résilience de son agriculture face aux aléas de la demande et aux fluctuations logistiques.
En parallèle, la Mauritanie, traditionnellement consommatrice de concombres marocains, enregistre une baisse significative des importations. Ce repli illustre un repositionnement clair vers des débouchés européens à plus forte valeur ajoutée. La priorité semble aujourd’hui orientée vers les marchés offrant des garanties économiques solides et des perspectives de croissance durable.
La performance du concombre s’inscrit dans un contexte plus large de montée en puissance des exportations agricoles marocaines. Les résultats exceptionnels obtenus sur d’autres produits maraîchers, notamment la carotte, confirment une tendance de fond : celle d’un secteur agricole national qui s’organise, investit et s’ouvre à l’international avec succès.


