L’exposition « Allusion » de l’artiste peintre Narjisse El Joubari se tient actuellement à la Villa des Arts de Rabat, du 15 mai au 22 juin 2025. Présentée sous la curation de Selma Naguib, cette série inédite propose un voyage visuel à travers les jeux d’ombres, de lumière et de volumes. Originaire d’Assilah, El Joubari s’impose avec une œuvre en constante évolution, ancrée dans une quête artistique profonde et personnelle, où chaque toile devient un espace suspendu entre le tangible et l’imaginaire.
Lors du vernissage, la Villa des hôtes de Rabat a accueilli une assistance nombreuse et attentive. Parmi les personnalités présentes, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, et Bernardo Futscher Pereira, ambassadeur du Portugal au Maroc, ont salué la puissance évocatrice des œuvres exposées.
Dans cette exposition, El Joubari ose une nouvelle approche, fondée sur les formes géométriques et les volumes suggérés. Les blocs de béton, a priori froids, deviennent supports de poésie et d’allusion. Un nuage — gris, rouge, puis fil rouge — traverse les œuvres comme un souffle onirique. L’artiste ne décrit pas, elle suggère. Elle ne montre pas, elle évoque. Son geste pictural ne cherche pas à dominer la forme, mais à l’humaniser. L’abstraction devient alors un langage émotionnel, intime et méditatif.
Formée à l’Institut des Beaux-Arts de Tétouan, Narjisse El Joubari explore depuis ses débuts les interstices entre la matière et le sens, entre l’ombre et la clarté. Elle a été initiée à l’art dès son enfance dans le cadre du Moussem culturel d’Assilah, soutenue par son père philosophe. Cette relation fondatrice avec l’art nourrit toujours sa pratique contemporaine. Elle vit aujourd’hui à Casablanca, mais c’est entre les murs chaulés de sa ville natale et les souvenirs diffus de lumière changeante qu’elle puise une grande partie de son inspiration.
Les tableaux de l’exposition « Allusion » témoignent d’une recherche constante d’équilibre entre structure et émotion. Le ciel, les nuages, les murs, les saisons… tout dans son œuvre rappelle l’impermanence du monde, l’instant fugitif. Rien n’est figé, tout est mouvement, comme ces nuances de gris qui ne sont jamais tout à fait noires ni tout à fait blanches. Narjisse El Joubari invite ainsi le spectateur à entrer dans un espace de contemplation active, à regarder autrement, à ressentir plus que comprendre.
Après Rabat, l’exposition poursuivra son itinéraire à Casablanca, à la Villa des Arts, prolongeant ainsi le dialogue visuel entamé avec le public.


