Une séquence particulièrement tendue s’est déroulée le mercredi 18 juin dans l’émission C à vous sur France 5, où la ministre française de la Culture, Rachida Dati, s’est vivement opposée au journaliste Patrick Cohen, allant jusqu’à évoquer d’éventuelles poursuites pour harcèlement moral.
Invitée pour répondre aux accusations la visant dans l’affaire Carlos Ghosn et aux révélations de l’émission Complément d’enquête – qui évoque le versement de 299 000 euros d’honoraires par GDF Suez durant son mandat d’eurodéputée –, la ministre a fermement nié tout manquement.
« Je n’ai rien à me reprocher », a-t-elle réaffirmé, contestant les interprétations et chiffres relayés dans les médias.
Mais l’échange a rapidement changé de ton lorsque la ministre a évoqué un article de Mediapart publié en février, décrivant la gestion jugée “agressive” de Patrick Cohen à France Inter entre 2010 et 2017. Dati a alors lancé en direct :
« Monsieur Cohen, avez-vous harcelé vos collaborateurs ? Est-ce vrai ? »
?Attention moment TV déjà culte !
Rachida Dati pulvérise et humilie Patrick Cohen? pic.twitter.com/ced1mLXo1Y— Destination Ciné (@destinationcine) June 18, 2025
S’appuyant sur l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à tout fonctionnaire de signaler un délit au procureur de la République, elle a poursuivi :
« Il me suffirait d’écrire un rapport basé sur cet article de Mediapart. Je peux porter l’affaire devant la justice, je peux le faire. »
La ministre n’a pas épargné non plus Anne-Elisabeth Lemoine, animatrice de l’émission, à qui elle a reproché des propos circulant sur une ambiance délétère sur le plateau. Des accusations que cette dernière a immédiatement niées.
En réponse, Patrick Cohen a qualifié cette posture de « déshonorante », dénonçant un procédé qui sortait, selon lui, du cadre du débat.
France Télévisions défend ses équipes, la classe politique s’exprime
Suite à la diffusion de cette séquence, France Télévisions a exprimé un soutien sans réserve à ses journalistes :
« Les mises en cause personnelles à l’encontre des journalistes ne sont pas acceptables », a déclaré le groupe public auprès de l’AFP.
« Nos équipes continueront d’exercer leur mission dans la sérénité et la liberté. »
Dans la sphère politique, certaines voix ont également réagi. Nathalie Loiseau, eurodéputée de la majorité, a estimé sur X :
« Lorsqu’on est ministre, on ne menace pas un journaliste. On répond aux questions, même lorsqu’elles dérangent. »
Une ministre de conviction au tempérament affirmé
Connue pour son franc-parler et son caractère bien trempé, Rachida Dati, d’origine marocaine, n’a jamais fui le débat. Face aux insinuations répétées, elle a préféré opposer une riposte claire, assumée, en s’appuyant sur le cadre juridique en vigueur. Une manière pour la ministre peut-être, de rappeler que la transparence et le respect des personnes valent dans les deux sens.

