Lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le roi d’Espagne Felipe VI a réaffirmé la ligne diplomatique actuelle de son pays concernant le dossier du Sahara marocain. Dans un discours de vingt minutes, le souverain espagnol n’a consacré que deux courtes phrases à cette question, sans faire référence aux revendications séparatistes ni à l’idée d’un référendum.
« L’Espagne continuera d’appuyer les efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour parvenir à une solution acceptable, conforme aux normes et dans le cadre des Nations unies », a-t-il déclaré.
Cette position, bien que succincte, s’inscrit dans la continuité du virage amorcé par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, en mars 2022. À cette date, il avait officiellement exprimé, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI, son appui au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour ses provinces du Sud, qualifié de base « la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre ce différend régional.
Contrairement à ses prises de parole antérieures, notamment celle de septembre 2016, le roi Felipe VI n’a cette fois pas évoqué le droit à « l’autodétermination » ni l’éventualité d’un référendum. Un changement de ton qui reflète la volonté de Madrid de préserver sa relation stratégique avec Rabat, dans un contexte régional où les équilibres géopolitiques demeurent sensibles.
Quelques heures avant cette intervention, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s’est entretenu à New York avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Cette rencontre, bien que discrète, confirme la coordination croissante entre les deux royaumes autour de dossiers d’intérêt commun, dont la question du Sahara marocain reste centrale.

