La ville de Fès s’impose une nouvelle fois sur la carte des destinations africaines incontournables. Dans son classement 2026, le magazine Condé Nast Traveler inscrit la cité impériale parmi les lieux à visiter absolument sur le continent, saluant la force intacte de son patrimoine, la vitalité de sa médina et le renouveau discret mais profond qui transforme la ville depuis plusieurs années.
Décrite comme la capitale culturelle et intellectuelle du Maroc, Fès séduit par la cohérence rare de son héritage urbain et humain. Sa médina, considérée comme la plus vaste et l’une des mieux préservées au monde, concentre un savoir-faire artisanal toujours vivant, des lieux de transmission du savoir et une mémoire architecturale façonnée sur plus de douze siècles. Cette richesse patrimoniale, longtemps menacée par l’usure du temps, a bénéficié d’un vaste programme de restauration dont les effets sont aujourd’hui pleinement visibles.
Le magazine met en lumière la réouverture attendue du Palais Jamaï, établissement patrimonial emblématique édifié en 1879 par un grand vizir du sultan. Après près de dix ans de travaux, ce joyau de l’hôtellerie de luxe s’apprête à renouer avec son prestige d’antan. Sa renaissance est présentée comme l’aboutissement logique de décennies d’investissements consacrés à la sauvegarde et à la valorisation de la médina, dont des milliers de structures en pisé ont été consolidées.
Parmi les monuments restaurés, la bibliothèque Al Quaraouiyine, fondée au IXᵉ siècle au sein de l’une des plus anciennes universités du monde, incarne le rôle historique de Fès comme centre du savoir. À quelques pas, la place Lalla Yeddouna, quartier riverain entièrement réhabilité, illustre une approche contemporaine du patrimoine. Le projet, signé par les architectes Michel Mossessian et Yassir Khalil, a été présélectionné pour le Prix Aga Khan d’architecture 2025, confirmant l’écho international de cette transformation urbaine.
La revue souligne également la restauration des grands fonduks des XIVᵉ et XVᵉ siècles, notamment ceux de Chemmaine, Sbitryine et Barka. Longtemps délaissés, ces anciens lieux de commerce ont retrouvé leur vocation première en devenant des ateliers d’artisans ouverts au public. L’exemple du fonduk Kaat Smen, qui devrait rouvrir fin 2026 avec un marché du miel historique présenté comme unique, illustre cette volonté de préserver les usages traditionnels tout en leur offrant une nouvelle visibilité.
Autre vitrine de ce renouveau culturel, le musée Al Batha s’impose, selon Condé Nast Traveler, comme le plus beau musée du pays. Installé dans un ancien palais, il propose un parcours remarquable à travers l’histoire dynastique du Maroc, mêlant objets d’art, céramiques, bois sculptés et manuscrits enluminés. Cette lecture du passé replace Fès au cœur des échanges méditerranéens et africains qui ont façonné son identité.
Ces liens culturels trouvent un écho contemporain dans le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde, rendez-vous annuel qui célèbre le soufisme, les études islamiques et l’héritage musical andalou. Chaque édition rappelle le rôle singulier de la ville comme carrefour spirituel et artistique, attirant chercheurs, musiciens et visiteurs venus de tous horizons.
L’année 2026 apportera enfin une dimension sportive à cette attractivité renouvelée, avec l’accueil à Fès de matchs de la Coupe d’Afrique des Nations. Un événement continental qui devrait renforcer la visibilité internationale de la ville et compléter une offre touristique déjà riche, mêlant culture, patrimoine, hospitalité et grands rendez-vous.
Entre restauration patiente, transmission des savoirs et ouverture sur le monde, Fès confirme ainsi sa capacité à conjuguer passé et présent. Autant d’arguments qui expliquent sa place de choix dans le classement 2026 de Condé Nast Traveler et qui invitent, une fois encore, à redécouvrir la cité impériale sous un regard renouvelé.

