C’est avec une pointe de nostalgie, mais surtout un immense sentiment de gratitude, que le Festival International de Théâtre de Casablanca a refermé les rideaux de sa 18e édition. Onze jours durant, la métropole a été le théâtre d’une effervescence créative sans précédent, portée par des artistes venus du Maroc, de Tunisie et d’Europe.
Cette édition revêtait une dimension particulière : elle coïncidait avec les 20 ans de la Fondation des Arts Vivants, à l’origine du festival. Deux décennies consacrées à faire rayonner la culture, à créer des ponts entre générations, territoires et sensibilités artistiques.
Lors de la soirée de clôture, empreinte de chaleur et de reconnaissance, Noureddine Ayouch, fondateur de la Fondation, a exprimé sa joie :
« Je suis profondément heureux d’avoir partagé ces onze jours de théâtre, de réflexion, de beauté, de rire et d’émotion. Heureux aussi d’avoir accueilli, parmi nous, des amis de toujours comme Monsieur le ministre Younes Sekkouri, dont l’amour du théâtre est sincère et ancien, ou encore Madame l’ancienne ministre Nezha Skalli, fidèle à ce rendez-vous culturel. »
Avec émotion, il a également salué la présence de son fils, Nabil Ayouch, « grand réalisateur et compagnon de route de toutes les causes artistiques », avant de conclure : « C’est avec un peu de tristesse que j’annonce la clôture de cette édition, mais aussi avec la conviction que le théâtre continuera de vivre, de vibrer et de nous rassembler. »
Une scène en apesanteur avec A7 O Berdat
Le Studio des Arts Vivants a accueilli le dernier spectacle de cette édition, la pièce A7 O Berdat mise en scène par Mahmoud Echahdi, sur un texte ciselé de Ahmed Sbiiâa. Sur scène, les comédiens Jalila Tlamsi, Zineb El Alji, Adil Abatorab et Saïd Aamel ont livré des performances d’une intensité rare, accompagnées des compositions sensibles de Dalal Bernoussi. La pièce, oscillant entre humour noir et mélancolie conjugale, a ému une salle comble.
Un hommage à une figure du théâtre marocain
L’un des moments les plus forts de la soirée fut sans conteste l’hommage rendu à Elhachmi Benamar, figure incontournable du théâtre et de l’audiovisuel national. À travers une rétrospective poignante, le public a redécouvert le parcours exceptionnel de cet artiste engagé, né en 1937 à Rabat, dont les œuvres ont marqué les esprits et nourri la conscience collective.

Durant ces onze jours, 14 spectacles ont été présentés, dont plusieurs créations inédites venues de Tunisie, à l’honneur cette année. La pièce d’ouverture, Danse Céleste de Taher Issa Ben Larbi, a transporté le public dans un univers à la fois mystique et contemporain.
Le festival a aussi été le théâtre de débats de fond sur la place du théâtre maghrébin et sur la poésie palestinienne, ainsi que de masterclasses destinées aux jeunes artistes, confirmant sa vocation de transmission et de réflexion.
Un public fidèle, une ville à l’écoute
La ferveur du public casablancais n’a pas faibli. Spectateurs passionnés, curieux, jeunes talents et habitués se sont retrouvés dans les salles pour vivre ensemble le théâtre dans ce qu’il a de plus vivant : un espace d’émotion partagée, de dialogue et de mémoire.
À travers cette 18e édition, la Fondation des Arts Vivants réaffirme sa mission : faire du théâtre un outil d’éveil, de résistance et de beauté, pour aujourd’hui comme pour demain.

