Présenté le 3 décembre au Palais des Congrès, le nouveau documentaire d’Hélène Harder plonge dans le parcours singulier de Fatna El Bouih, figure emblématique de la mémoire marocaine et militante infatigable des droits humains.
Le Festival International du Film de Marrakech s’apprête à dévoiler, en avant-première mondiale, “Fatna, une femme nommée Rachid”, un film d’Hélène Harder consacré au destin exceptionnel de Fatna El Bouih.
L’œuvre intègre la section « Horizons » de cette 22ᵉ édition prévue du 28 novembre au 6 décembre, confirmant l’intérêt du festival pour les récits qui interrogent la mémoire et les trajectoires individuelles ayant façonné le Maroc contemporain.
Inspiré du livre éponyme “Une femme nommée Rachid”, le documentaire revisite la vie de cette ancienne détenue politique, entrée très jeune dans la résistance face aux années de plomb.
Au fil du film, les images d’archives restaurées dialoguent avec les rues d’aujourd’hui, donnant à voir une femme de 67 ans dont l’engagement n’a jamais faibli, qu’il s’agisse de la défense des droits des femmes, de son soutien aux survivantes syriennes de Saidnaya ou encore de son implication dans des actions culturelles au sein des prisons marocaines.
Hélène Harder souligne la portée intime du projet.
Selon elle, les déplacements de Fatna à Casablanca deviennent autant de passerelles entre les époques : un va-et-vient où le passé remonte par fragments, porté par une voix off qui raconte les blessures, les combats, mais surtout la persistance d’un idéal de justice. Le montage, signé Nadia Ben Rachid et Laurence Manheimer, met en lumière cette articulation subtile entre mémoire personnelle et histoire collective.
Le film s’appuie sur un ensemble exceptionnel d’archives provenant notamment des fonds restaurés par la Cinémathèque marocaine, offrant un accès rare à des images des années 60 et 70. Ces documents, entremêlés aux scènes du quotidien actuel de Fatna ; entourée de sa famille, de ses proches, et de celles qu’elle accompagne composent un portrait profondément humain, où chaque geste rappelle une lutte entamée il y a plus de quatre décennies.
La sélection du documentaire à Marrakech constitue une reconnaissance du rôle de Fatna dans la transmission de la mémoire féminine, un pan souvent silencieux de l’Histoire mais essentiel pour comprendre l’évolution sociale du pays. Le film invite à réfléchir à ce patrimoine immatériel, à l’importance de le sauvegarder et à la place déterminante des femmes dans cette dynamique.
Le rendez-vous est fixé au 3 décembre, à 18h30, au Palais des Congrès de Marrakech. Une escale marocaine avant un envol européen : “Fatna, une femme nommée Rachid” clôturera le Cinemamed de Bruxelles le 5 décembre, marquant sa première présentation en Europe.

