Le Maroc change de méthode pour gérer les chiens errants
Bientôt, les scènes de captures brutales de chiens et de chats errants dans les rues marocaines pourraient appartenir au passé. Le royaume s’apprête à tourner une page importante dans la gestion de l’errance animale, en mettant en œuvre un protocole à la fois éthique, rigoureux et structuré : le TNVR – pour « Trap, Neuter, Vaccinate, Return », soit Capturer, Stériliser, Retour et Maintien ou CSRM.
Cette méthode, déjà appliquée dans plusieurs pays, repose sur un enchaînement précis d’étapes visant à réduire durablement la population canine sans recourir à des mesures violentes. Le principe est simple, une fois les chiens capturés, ils sont identifiés à l’aide d’un marquage distinctif, puis placés en quarantaine dans des centres vétérinaires spécialement aménagés. Ces infrastructures garantissent un hébergement temporaire dans des conditions sanitaires strictes, où chaque animal reçoit soins, nourriture et suivi médical.
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Les animaux sont ensuite vaccinés contre la rage, traités contre les parasites, puis opérés pour empêcher toute reproduction. Les mâles sont castrés, les femelles stérilisées, une opération pratiquée sous anesthésie, dans des blocs chirurgicaux conformes aux normes vétérinaires. Après une période de repos post-opératoire, ils sont relâchés dans leur environnement d’origine.
Depuis 2019, les autorités marocaines, sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur, déploient cette stratégie à l’échelle nationale. À ce jour, plusieurs dispensaires animaliers ont vu le jour ou sont en cours d’achèvement à travers le territoire, notamment à Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir, Oujda ou encore Inezgane. Des projets similaires sont en préparation dans d’autres provinces, avec une enveloppe globale dépassant les 200 millions de dirhams.
Outre les équipements, le dispositif s’appuie aussi sur une mobilisation humaine conséquente : vétérinaires, agents communaux, techniciens, associations de protection animale… Tous participent à la mise en œuvre du CSRM, qui ambitionne à la fois de préserver la santé publique, en luttant contre la rage et d’autres zoonoses et de traiter les animaux errants avec respect.
Un projet de loi est actuellement en préparation pour encadrer ce changement de paradigme. Il visera à définir les responsabilités des collectivités, renforcer les sanctions contre la maltraitance et favoriser l’implication citoyenne.
Le Maroc s’inscrit ainsi dans une dynamique mondiale, en ligne avec l’objectif fixé par l’OMS : éliminer les décès humains liés à la rage canine d’ici 2030. Ce changement de cap, à la croisée de la science, de l’éthique et de la politique publique, pourrait bien inspirer d’autres pays de la région.

