Le Premier ministre français François Bayrou a présenté ce mardi 9 septembre sa démission au président Emmanuel Macron, au lendemain d’un vote de confiance perdu à l’Assemblée nationale, rapportent plusieurs médias.
Lundi soir, le chef du gouvernement avait engagé la responsabilité de son équipe sur son plan budgétaire, un pari qui s’est transformé en débâcle politique : 364 députés ont voté contre lui, contre 194 en sa faveur et 15 abstentions. Pour la première fois depuis la naissance de la Ve République, un Premier ministre est renversé lors d’un tel scrutin.
Le discours de politique générale de Bayrou, articulé autour d’un programme d’austérité marqué par une « année blanche fiscale », le gel des pensions et la suppression de jours fériés, n’a pas convaincu. Les oppositions de gauche comme d’extrême droite ont campé sur leur refus, dénonçant des mesures jugées socialement brutales.
Désormais, le gouvernement sortant se limite à la gestion des affaires courantes, un cadre institutionnel qui restreint fortement ses prérogatives. Aucune réforme d’ampleur ni décision financière nouvelle ne peut être prise, sauf en cas de circonstances exceptionnelles relevant de l’état d’urgence. Sur le plan budgétaire, l’exécutif démissionnaire dispose toutefois de la possibilité de déposer un texte spécial autorisant la perception des impôts existants, afin d’assurer la continuité du fonctionnement de l’État.
La chute du gouvernement Bayrou, en poste depuis neuf mois, survient à un moment critique, alors que la préparation du budget 2026 s’annonce imminente. Dans ce contexte, de nombreuses voix appellent à une désignation rapide d’un nouveau Premier ministre. Emmanuel Macron a d’ailleurs annoncé qu’il trancherait « dans les tout prochains jours ».


