Les travaux de la 42e Réunion plénière du Groupe d’Action Financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (GAFIMOAN) se sont ouverts lundi à Rabat, réunissant les chefs de délégations des pays membres, des experts spécialisés ainsi que des représentants d’organisations régionales et internationales engagées dans la lutte contre les crimes financiers. Organisée jusqu’au 13 mai, cette rencontre place le Maroc au centre des échanges régionaux sur le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.
Selon un communiqué conjoint du département du Chef du gouvernement et de l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF), cette session vise à renforcer la coordination entre les Etats membres afin de sécuriser les systèmes économiques et financiers face aux risques liés aux flux financiers illicites. Les discussions portent également sur l’application des normes internationales du Groupe d’action financière (GAFI), considérées comme la référence mondiale en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
La séance inaugurale a été marquée par les interventions de la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, et du président du GAFIMOAN et secrétaire général de la Commission nationale de lutte contre le blanchiment des capitaux des Émirats arabes unis, Hamid Saif Al Zaabi. Les deux responsables ont insisté sur l’urgence d’une coopération régionale renforcée pour faire face à l’évolution des circuits financiers clandestins et aux nouvelles formes de criminalité économique.
Dans son intervention, Nadia Fettah a rappelé que le Maroc poursuit l’adaptation de son arsenal juridique et institutionnel afin de consolider son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elle a souligné la volonté du Royaume de se conformer pleinement aux standards internationaux du GAFI, dans un contexte marqué par l’émergence de nouveaux risques financiers liés notamment à la numérisation des échanges et à l’internationalisation des réseaux criminels.
De son côté, Hamid Saif Al Zaabi a indiqué que la présidence émiratie du GAFIMOAN pour l’année 2026 entend renforcer la visibilité et l’influence du Groupe sur la scène internationale, tout en intensifiant les mécanismes de coopération avec les partenaires mondiaux spécialisés dans la surveillance financière et la lutte contre les financements illicites.
Les travaux de cette 42e Réunion plénière portent principalement sur l’examen des rapports de suivi renforcé de plusieurs Etats membres. Les participants évaluent les mesures engagées pour corriger les insuffisances identifiées lors des précédentes évaluations mutuelles. L’objectif affiché consiste à améliorer l’efficacité des dispositifs nationaux de contrôle financier et à harmoniser les approches régionales face aux menaces transfrontalières.
Les échanges prévoient également l’étude de nouvelles méthodes de coopération entre les autorités financières, judiciaires et sécuritaires des pays membres. La question du financement de la prolifération des armes figure parmi les dossiers prioritaires abordés lors de cette session, aux côtés des enjeux liés aux transactions numériques et aux réseaux financiers clandestins opérant à l’échelle régionale.
Au-delà des discussions techniques, cette réunion de Rabat illustre la place croissante du Maroc dans les initiatives régionales consacrées à la gouvernance financière et à la sécurité économique. Le Royaume cherche, à travers cette mobilisation, à consolider la crédibilité de son système financier et à renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux, dans un environnement mondial où la transparence financière est devenue un critère stratégique.
Les travaux devraient également aboutir à l’adoption du plan d’action du GAFIMOAN pour l’année 2027, avec une série de recommandations destinées à renforcer les capacités des Etats membres face aux mutations rapides de la criminalité financière internationale.

