Après des mois d’impasse et de violences ininterrompues, un accord historique vient d’être conclu entre Israël et le Hamas. Sous l’impulsion d’un plan élaboré par l’ancien président américain Donald Trump, les deux camps auraient accepté un cessez-le-feu global accompagné d’un échange de prisonniers et d’otages, marquant une possible issue à deux années d’un conflit d’une intensité sans précédent à Gaza.
Selon plusieurs sources diplomatiques citées par l’AFP, la signature officielle devrait intervenir dès ce jeudi en Égypte, à l’issue de quatre jours de discussions indirectes menées à Charm el-Cheikh. Ces négociations ont réuni des représentants égyptiens, qatariens, américains et d’autres puissances régionales.
Aucune précision n’a encore été donnée sur le moment exact de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. En attendant, des bombardements israéliens continuaient d’être signalés dans plusieurs quartiers de Gaza, selon les services de secours locaux.
L’offensive israélienne, déclenchée en réponse à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, a plongé l’enclave palestinienne dans une catastrophe humanitaire sans précédent. Des dizaines de milliers de civils ont perdu la vie, tandis que des centaines de milliers d’autres ont été déplacés.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé qu’il convoquerait dans la journée son cabinet pour « valider l’accord et permettre le retour de nos otages ». Il a salué « un grand jour pour Israël », insistant sur la nécessité de tourner la page de cette guerre.
De son côté, Donald Trump s’est félicité, via son réseau Truth Social, d’un « premier pas vers une paix durable ». Selon lui, l’accord prévoit la libération rapide de tous les otages encore détenus, ainsi qu’un retrait progressif des forces israéliennes jusqu’à une ligne de sécurité convenue. L’ancien président a également laissé entendre qu’il pourrait se rendre au Moyen-Orient dans les prochains jours.
L’armée israélienne a déclaré se préparer à la réception des otages, tout en maintenant un état d’alerte maximal. Elle exhorte la population à ne pas retourner dans le nord de Gaza, où les opérations se poursuivent.
Une source interne au Hamas a précisé que l’accord prévoyait la libération d’une vingtaine d’otages israéliens en vie contre environ 2 000 prisonniers palestiniens détenus en Israël. Des cartes de retrait militaire auraient également été présentées.
À Gaza, l’annonce a suscité un mélange de soulagement et de méfiance. Dans le secteur d’Al-Mawassi, où se réfugient des dizaines de milliers de déplacés, des cris de joie ont retenti, vite tempérés par la peur d’un nouvel effondrement du cessez-le-feu, comme ce fut le cas lors des trêves de novembre 2023 et de janvier 2025.
Le Qatar, qui a joué un rôle clé de médiateur, a confirmé que l’accord prévoyait à terme « la fin de la guerre, la libération des otages et prisonniers, ainsi que l’acheminement massif d’aide humanitaire » dans la bande de Gaza.
Le plan proposé par Donald Trump à la fin septembre combine plusieurs étapes : un arrêt complet des hostilités, la libération des captifs, un retrait militaire progressif et, à terme, un processus de désarmement du Hamas. Ce dernier a accepté l’échange d’otages et le cessez-le-feu, mais refuse toujours d’aborder la question de son désarmement. Israël, pour sa part, insiste sur le maintien de sa présence militaire dans la majorité du territoire tant que le mouvement islamiste n’aura pas été neutralisé.
Depuis le 7 octobre 2023, l’attaque du Hamas a causé la mort de 1 219 personnes en Israël, majoritairement des civils. Selon les autorités israéliennes, 47 otages restent détenus à Gaza, dont au moins 25 seraient décédés. En retour, l’offensive israélienne a provoqué la mort de plus de 67 000 Palestiniens, selon le ministère de la Santé du Hamas, et détruit une grande partie du territoire.
Les Nations unies ont alerté sur une situation de famine dans plusieurs zones de Gaza et évoquent de possibles crimes de guerre. Israël rejette catégoriquement ces accusations, affirmant agir dans le cadre de sa légitime défense.
Si cet accord se concrétise, il pourrait marquer le début d’une phase politique inédite dans la région. Mais sur le terrain, la crainte d’un nouvel effondrement reste palpable, tant la méfiance entre les deux camps demeure profonde.
Quelques heures après l’annonce de l’accord, la Défense civile de Gaza a fait état de nouvelles frappes israéliennes sur plusieurs secteurs du territoire. « Depuis la diffusion de la nouvelle cette nuit, plusieurs explosions ont été enregistrées, notamment dans le nord de Gaza », a indiqué Mohammed Al-Mughayyir, responsable local des secours. Selon lui, des frappes aériennes « particulièrement intenses » ont touché la ville de Gaza, ravivant les craintes d’un énième revers avant même la mise en œuvre effective du cessez-le-feu.

