Face à la détérioration rapide de la situation humanitaire à Gaza, le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis ont annoncé samedi leur intention de relancer des opérations de largage d’aide. Cette décision intervient alors qu’Israël subit une intensification des appels internationaux à faciliter l’accès terrestre des secours.
Le même jour, les autorités locales ont fait état de 27 morts causés par des bombardements et des tirs israéliens. Dans le même temps, un navire de la « Flottille pour la liberté », le Handala, transportant vivres, médicaments et matériel destiné aux enfants, se rapprochait des côtes gazaouies avec l’objectif d’accoster malgré le blocus imposé par Israël. Parti de Sicile, il se trouvait samedi à environ 105 milles nautiques (près de 200 km) de sa destination.
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, Israël maintient un siège strict sur le territoire. Un verrouillage presque total avait été imposé en mars, avant un léger assouplissement fin mai. Cette situation a provoqué de sévères pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels, au point que l’ONU et plusieurs ONG alertent désormais sur une hausse inquiétante de la malnutrition infantile et sur le risque d’une famine généralisée pour plus de deux millions d’habitants.
Le gouvernement britannique a indiqué préparer également l’évacuation d’enfants nécessitant des soins urgents, en coordination avec des partenaires régionaux comme la Jordanie. De leur côté, les Émirats ont affirmé reprendre « immédiatement » les largages. Un responsable israélien avait déjà laissé entendre que des parachutages seraient prochainement autorisés avec l’appui d’Abou Dhabi et d’Amman.
Paris, Berlin et Londres ont par ailleurs exhorté Israël à lever rapidement les restrictions qui entravent le passage de l’aide par voie terrestre, jugée plus sûre et plus efficace que les livraisons aériennes.
Plusieurs pays, dont la Jordanie, la France et les Émirats, avaient déjà organisé en 2024 des opérations similaires. Toutefois, de nombreux acteurs humanitaires rappellent que ces méthodes restent limitées en volume, coûteuses et comportent des risques. Le patron de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a souligné samedi que « ces largages ne peuvent enrayer la progression de la famine », estimant qu’ils « ne remplacent pas un acheminement massif et sécurisé par la terre ».
Sur le terrain, la Défense civile de Gaza a signalé que des tirs israéliens avaient tué trois personnes qui attendaient de recevoir de l’aide dans le nord-ouest de Gaza-ville. Selon un témoin, l’armée aurait ouvert le feu quand la foule s’est approchée d’un point de distribution situé près d’un poste militaire. Interrogée à ce sujet, l’armée israélienne a indiqué qu’elle vérifiait les faits et a affirmé avoir frappé « plus de 100 cibles liées au Hamas » en 24 heures.
La couverture indépendante reste difficile en raison des restrictions imposées aux médias et de l’accès limité à certaines zones.
Depuis le début du conflit, qui a éclaté après l’attaque du Hamas ayant causé la mort de 1.219 personnes en Israël selon des données officielles, l’offensive israélienne a entraîné la mort d’au moins 59.733 personnes à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas. Des chiffres jugés crédibles par l’ONU.

