Les réserves en eau connaissent une hausse spectaculaire, doublant presque en l’espace d’un an. Selon les derniers relevés au 21 mars 2026, les barrages affichent un taux de remplissage de 72,1%, avec des volumes stockés dépassant 12,3 milliards de mètres cubes. Cette progression exceptionnelle, supérieure à 100% par rapport à la même période l’an dernier, s’explique par des précipitations abondantes et mieux réparties sur l’ensemble du territoire.
Cette embellie se reflète dans la majorité des bassins hydrauliques. Le Loukkos et le Bouregreg, avec des taux de remplissage respectifs de 91,9% et 92,5%, frôlent la saturation, tandis que le Tensift atteint 91,2%. Le Sebou, bassin stratégique pour l’approvisionnement en eau potable et l’agriculture, atteint 84,7% avec plus de 4,5 milliards de mètres cubes stockés, confirmant la reconstitution des principaux barrages comme Al Wahda et Idriss Ier. Les bassins de la Moulouya et d’Oum Er-Rbia affichent des niveaux de 69,8% et 55,9%, avec des disparités locales, certains barrages approchant la pleine capacité, à l’instar de Sidi Idriss et Timinoutine.
Malgré ce contexte global positif, certaines régions restent fragiles. Le bassin de Souss-Massa ne dépasse pas 54,5%, tandis que Drâa-Oued Noun demeure le plus vulnérable avec un taux limité à 36,5%. Ces écarts rappellent que la répartition des ressources hydriques reste fortement dépendante des conditions climatiques locales, et que la situation ne doit pas masquer les enjeux structurels liés à la gestion de l’eau.
Les experts soulignent que cette hausse des réserves offre une marge de manœuvre précieuse pour les usages domestiques, agricoles et industriels. Toutefois, elle ne résout pas les défis de long terme : la variabilité climatique, la pression croissante sur les ressources et la demande en constante augmentation exigent des stratégies durables. L’optimisation de l’irrigation, le renforcement des politiques de gestion intégrée et le développement des infrastructures de dessalement sont désormais des priorités pour assurer la sécurité hydrique du pays.

