Le Maroc met en place un plan national de modernisation de la gestion des déchets ménagers, doté d’un financement de 21 milliards de dirhams sur la période 2024-2034. Cette stratégie entend transformer en profondeur le traitement des ordures, avec pour priorités la fermeture des décharges anarchiques, la mise en place du tri sélectif et la production de combustibles issus des déchets.
Répondant à une question parlementaire du député Haraki Nabil Eddakhch, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a précisé que ce programme, piloté par le ministère de l’Intérieur, vise autant l’efficacité environnementale qu’une meilleure maîtrise financière du secteur.
Les actions prévues incluent la construction de centres de tri, d’enfouissement contrôlé et de valorisation, mais également la réhabilitation progressive des sites non réglementés qui continuent de générer d’importants impacts écologiques.
Un accord-cadre signé en décembre 2024 avec les douze régions du Royaume fixe les modalités de financement et d’exécution de ces projets, qu’il s’agisse de moderniser la collecte, de promouvoir le recyclage ou de sécuriser les zones polluées. Le ministère accompagnera aussi financièrement les communes prêtes à s’engager dans cette transition.
Parallèlement, un partenariat conclu avec les ministères de l’Industrie et de l’Intérieur ainsi qu’avec l’Association professionnelle des cimentiers prévoit la production annuelle de 660.000 à 680.000 tonnes de combustibles dérivés des déchets d’ici 2030. Ces carburants alternatifs devraient alimenter les fours des cimenteries, réduisant ainsi l’enfouissement de 45 % et limitant la formation de lixiviats, tout en préservant davantage de surfaces agricoles.
La stratégie inclut également une dimension éducative : des campagnes de sensibilisation sont diffusées sur plusieurs supports, tandis que cinq unités mobiles, équipées d’outils audiovisuels, interviennent dans les écoles, universités et centres de loisirs, en partenariat avec des associations locales, pour ancrer durablement la culture du tri et du recyclage.

