GITEX Africa 2026 s’est ouvert à Marrakech sur un constat clair : la technologie n’est plus un simple levier de développement, mais un instrument central de puissance, de souveraineté et d’influence. Devant un parterre composé de responsables publics, d’investisseurs et d’acteurs de l’innovation venus des quatre coins du monde, les autorités marocaines ont affiché une ambition assumée : inscrire le Royaume dans une trajectoire de souveraineté technologique fondée sur l’intelligence artificielle et une vision propre du numérique.
Réunis à Marrakech, plus de 50 000 participants assistent à un rendez-vous devenu incontournable pour l’écosystème digital africain et international. L’événement confirme son statut de plateforme stratégique où se dessinent les grandes orientations du futur numérique du continent. Au cœur des échanges, le Maroc met en avant une approche singulière, portée par une volonté d’équilibre entre innovation, régulation et développement.
Le message porté insiste sur une transformation profonde des rapports internationaux, marquée par la montée en puissance de l’intelligence artificielle et le retour de tensions géopolitiques. Dans ce contexte, la technologie s’impose comme un enjeu central, à la fois économique, militaire et scientifique. Les grandes puissances rivalisent d’investissements massifs : les États-Unis dominent avec des financements privés dépassant les 67 milliards de dollars en 2023, auxquels s’ajoutent des programmes industriels structurants comme le CHIPS and Science Act. La Chine, de son côté, poursuit une stratégie coordonnée mêlant investissement public et ambition de leadership mondial à l’horizon 2030. L’Union européenne tente de concilier innovation et encadrement réglementaire, en mobilisant des instruments financiers d’envergure.
Face à cette compétition, le Maroc refuse de s’inscrire dans une logique de confrontation directe. Le Royaume choisit une autre voie, fondée sur la coopération, l’équilibre et la construction de ponts entre les continents. Cette orientation s’appuie sur une vision portée au plus haut niveau de l’État, avec pour objectif de faire du pays un acteur crédible dans la gouvernance mondiale du numérique.
L’ambition marocaine repose sur une approche structurée autour de l’intérêt général et de l’adaptation aux réalités locales. L’intelligence artificielle y est envisagée comme un outil au service du citoyen, capable de transformer les secteurs stratégiques tout en respectant les spécificités sociales et culturelles. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation et de consolidation des acquis du Royaume.
Dans ce cadre, le Maroc met en avant un positionnement stratégique unique, à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et de l’Atlantique. Cette position géographique, combinée à une tradition de dialogue multilatéral, permet au Royaume de se présenter comme un espace de convergence. L’objectif affiché est de devenir une plateforme internationale de discussion sur les enjeux liés à l’éthique de l’intelligence artificielle, en favorisant une approche équilibrée entre innovation, souveraineté et responsabilité.
L’accent est également mis sur les évolutions technologiques à venir, notamment les technologies quantiques, appelées à transformer en profondeur les capacités de calcul, la sécurité des données et les systèmes de cryptographie. Cette anticipation témoigne d’une volonté de se projeter dans le long terme, au-delà des transformations actuelles induites par l’intelligence artificielle.
À travers GITEX Africa 2026, le Maroc affirme ainsi son ambition de construire un modèle singulier, capable de conjuguer authenticité et modernité. Une approche qui ne vise pas à reproduire les modèles existants, mais à proposer une alternative fondée sur l’équilibre, l’ouverture et la coopération internationale.
Cette vision s’inscrit dans une dynamique globale où la technologie redéfinit les rapports de force. Le Royaume entend y jouer un rôle actif, non pas en tant qu’acteur isolé, mais comme un point d’équilibre entre différentes approches du numérique à l’échelle mondiale. Une orientation qui s’inscrit dans la continuité des grandes lignes de la stratégie nationale impulsée au plus haut niveau.

