La souveraineté à l’ère de l’intelligence artificielle s’est imposée comme l’un des axes majeurs du GITEX Africa Morocco 2026, où la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, est intervenue lors d’un panel de haut niveau dédié à cette question stratégique.
À ses côtés, Anne Hennaf, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique en France, et Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation du Gabon, ont apporté leurs éclairages sur les mutations en cours.
Les échanges ont mis en évidence une réalité désormais largement partagée : l’intelligence artificielle s’inscrit au cœur des équilibres économiques, sécuritaires et politiques. Elle influence les rapports de force entre États et oblige les gouvernements à revoir leurs marges de manœuvre dans un environnement technologique en constante évolution.
Devant un parterre d’experts et de décideurs, Amal El Fallah Seghrouchni a insisté sur la portée stratégique de l’IA. Elle a souligné que cette technologie dépasse le cadre de l’innovation pour s’inscrire dans une logique de souveraineté concrète, reposant sur la maîtrise d’actifs essentiels tels que les infrastructures numériques, les données, la puissance de calcul et les compétences humaines.
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement d’adopter des solutions technologiques, mais de construire une autonomie réelle. Cela implique de structurer des politiques publiques capables de soutenir l’investissement, d’encourager l’émergence d’écosystèmes innovants et de former les talents nécessaires pour accompagner cette transformation.

Les interventions d’Anne Hennaf et de Mark-Alexandre Doumba ont, de leur côté, mis en lumière l’importance d’un équilibre entre compétition et coopération. Si les rivalités technologiques se renforcent, des passerelles restent possibles, notamment en matière de recherche, de formation et de régulation, afin d’éviter une fracture numérique accrue entre les nations.
À Marrakech, ce panel a ainsi confirmé une tendance de fond : la souveraineté des États se redéfinit à travers leur capacité à produire, maîtriser et sécuriser les technologies de l’intelligence artificielle. Un enjeu structurant pour les années à venir, au cœur des stratégies nationales et des dynamiques internationales.


