Le 24 juillet 2025, le Conseil de la concurrence a officiellement validé un accord transactionnel conclu avec GlovoApp Morocco SARL, mettant un terme à une procédure engagée à l’encontre de l’entreprise pour pratiques anticoncurrentielles présumées. Cette décision unanime du Collège du Conseil intervient après plusieurs mois d’enquête sur les méthodes commerciales de la plateforme de livraison.
C’est en février 2024 que le Conseil de la concurrence a décidé de s’autosaisir, suspectant des pratiques abusives sur le marché marocain des plateformes de livraison de repas. En cause, l’attitude dominante de Glovo sur ce marché en pleine croissance, ainsi que la situation de dépendance économique dans laquelle se trouvaient ses partenaires, principalement des restaurateurs et des livreurs.
Après une phase d’instruction approfondie, un rapport de griefs a été adressé à la société, pointant du doigt une série de pratiques jugées incompatibles avec les règles de libre concurrence. Face à cette situation, GlovoApp Morocco SARL a réagi en sollicitant, le 17 juin 2025, le recours à la procédure de transaction prévue par l’article 37 de la loi n° 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence.
La proposition de transaction a été rapidement étudiée par le Conseil. À l’issue d’une réunion tenue le 26 juin, le Collège du Conseil a validé la démarche, ouvrant la voie à la signature d’un procès-verbal de transaction, acte formel entérinant les engagements de l’entreprise.
Parmi les mesures phares prévues dans cet accord, la suppression des clauses d’exclusivité imposées aux restaurants et partenaires commerciaux figure en tête. Ces clauses, qui limitaient la possibilité pour ces établissements de collaborer avec d’autres plateformes concurrentes, seront supprimées ou modifiées dans les contrats existants et futurs, sans hausse de commissions.
Autre engagement fort : la transparence du classement des partenaires sur la plateforme. Glovo devra désormais fournir un guide explicatif détaillant les critères de visibilité, tout en assurant une tarification claire et équitable de ses services de promotion. L’objectif : éviter tout traitement préférentiel ou discriminatoire entre partenaires.
L’entreprise s’engage également à plafonner ses commissions à 30 %, avec une obligation de réviser à la baisse les contrats existants si ce taux est dépassé. Ce plafonnement vise à soulager les établissements partenaires, parfois asphyxiés par des prélèvements jugés excessifs.
Du côté des livreurs, le texte prévoit la mise en place de mesures pour mieux valoriser leur travail, tout en préservant leur statut d’indépendants. Un équilibre délicat, mais jugé nécessaire par le Conseil pour renforcer la responsabilité sociale de l’entreprise.
Enfin, Glovo s’engage à instaurer un programme de conformité au droit de la concurrence, avec une cartographie des risques, des formations ciblées et la nomination d’un responsable dédié. Ce dispositif vise à prévenir la réapparition de pratiques litigieuses à l’avenir.
Le Conseil de la concurrence veillera à la mise en œuvre effective de l’ensemble de ces engagements. Il se réserve aussi la possibilité de réévaluer la situation en cas de changements notables dans l’environnement concurrentiel du secteur.
Cette décision marque un tournant important pour l’écosystème numérique de livraison au Maroc. Elle envoie un signal fort aux autres plateformes opérant sur le marché : la croissance économique ne peut se faire au détriment de la concurrence et de l’équité entre acteurs.

