Le marché du futur Grand Stade Hassan II vient d’être attribué, ce mardi 11 juin, à un tandem bien connu du secteur du BTP au Maroc. SGTM et TGCC, les deux géants nationaux, piloteront ensemble ce projet monumental, après avoir été les seuls à soumettre une offre lors de l’appel d’offres relatif à la phase 2 du chantier. Montant final : 3,2 milliards de dirhams, validé sans réserve par les autorités concernées.
Installé à Benslimane, dans la région de Casablanca-Settat, le stade s’annonce comme une infrastructure sportive hors norme. Il pourra accueillir 115 000 spectateurs et sera construit selon les exigences de la FIFA, dans le cadre des préparatifs liés à la Coupe du Monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Le chantier, dont la livraison est prévue pour décembre 2027, marque un virage historique dans l’architecture sportive du Royaume.
Si le groupement SGTM/TGCC se voit confier ce projet, c’est autant pour ses capacités techniques que pour la complémentarité déjà éprouvée entre les deux entreprises. Elles avaient auparavant œuvré main dans la main sur d’autres ouvrages complexes, consolidant ainsi leur position dans les grands chantiers publics. Cette fois encore, l’ensemble de la réalisation reste entre des acteurs locaux, sans participation étrangère. Une exception dans le paysage des projets d’envergure récents, où la présence d’entreprises internationales est souvent de mise.
Le lot 2 attribué couvre les principaux éléments structurants : gros œuvre, charpente métallique, étanchéité, menuiserie, revêtements intérieurs, ainsi que la conception de plafonds techniques. Le montant initialement estimé dépassait les 3,3 milliards de dirhams, mais l’offre du groupement marocain s’est montrée plus compétitive, tout en répondant aux normes techniques et administratives requises.
Au-delà de son envergure architecturale, le Grand Stade Hassan II s’inscrit dans une logique de développement régional. Érigé sur un site de 100 hectares au cœur de la forêt de Benslimane, il sera le centre d’un vaste complexe sportif et urbain. Y figureront notamment un stade d’athlétisme de 25 000 places, des équipements aquatiques olympiques, un centre de conférence, un hôtel intégré, ainsi qu’un espace commercial et une cité des sports. Un écosystème complet, pensé pour créer une dynamique locale durable.
Côté mobilité, le site est idéalement situé. Il bénéficiera d’une connexion directe à l’autoroute A1, aux routes nationales RN1, RN23 et RN313, en plus d’une future autoroute continentale prévue pour 2026. Des infrastructures de transport rapides, telles qu’un RER et des liaisons Al Boraq, sont également en discussion afin de relier le stade aux grandes villes comme Casablanca et Rabat, ainsi qu’à l’aéroport international Mohammed V. En parallèle, plus de 10 000 places de stationnement sont planifiées pour garantir la fluidité des grands rendez-vous sportifs à venir.
Ce projet colossal, symbole de la montée en puissance du Maroc dans les préparatifs du Mondial 2030, reflète une volonté claire : celle de doter le pays d’équipements à la hauteur des événements internationaux, tout en consolidant son expertise nationale en matière de construction et d’aménagement.

