Les adouls observeront une grève nationale les mercredi 18 et jeudi 19 février 2026, entraînant la fermeture de l’ensemble de leurs bureaux à travers le Royaume. Ce mouvement de protestation, annoncé par l’Ordre national des adouls, intervient en réaction à l’adoption du projet de loi n°16.22 encadrant l’organisation de la profession, un texte jugé déséquilibré et imposé sans concertation réelle.
Au cœur de la mobilisation, les adouls dénoncent ce qu’ils qualifient de discrimination législative et alertent sur les conséquences potentielles du projet sur la sécurité contractuelle des citoyens. La profession estime que certaines dispositions risquent d’affaiblir la qualité et la fiabilité des actes authentiques, notamment en matière de mariage, de divorce, de succession et de constats à valeur juridique.
Les représentants des adouls critiquent à la fois le fond et la méthode. Ils regrettent l’absence de prise en compte de leurs propositions, un calendrier législatif jugé précipité et des articles perçus comme portant atteinte à la dignité et à l’autonomie de la profession. Pour eux, la réforme ne se limite pas à une mise à jour organisationnelle, mais marque un recul par rapport aux principes de modernisation et d’inclusion des métiers judiciaires.
De son côté, le ministère de la justice défend le projet comme une réforme nécessaire pour moderniser le cadre légal et renforcer les garanties offertes aux usagers. Le ministre Abdellatif Ouahbi a rappelé que le texte vise à encadrer l’accès à la profession et à assurer sa pérennité dans un contexte de réforme globale de la justice.
Le projet de loi est désormais examiné par la Chambre des représentants. Les adouls espèrent que cette grève nationale servira de signal fort pour rouvrir le dialogue et aligner la réforme avec la Constitution de 2011 et les orientations de la réforme du système judiciaire. À défaut, l’Ordre national des adouls n’exclut pas de nouvelles formes de mobilisation.

