L’économie mondiale fait preuve d’une résilience inattendue face à la guerre commerciale déclenchée par Washington. Dans ses prévisions actualisées publiées mardi, l’OCDE table désormais sur une croissance mondiale de 3,2 % en 2025, contre 2,9 % anticipés en juin, malgré la montée en flèche des droits de douane imposés par les États-Unis. Pour 2026, la projection reste fixée à 2,9 %, un rythme jugé fragile par l’organisation.
Selon l’OCDE, cette amélioration s’explique en partie par l’anticipation des surtaxes douanières, qui a dopé la production et les échanges de biens dans les premiers mois de l’année. La progression de la production industrielle a ainsi dépassé la moyenne de 2024 dans plusieurs économies avancées.
Mais l’organisation prévient que les effets négatifs de ces mesures ne se sont pas encore pleinement matérialisés. Nombre d’entreprises absorbent pour l’instant une partie du surcoût, en rognant sur leurs marges. Des signaux de ralentissement apparaissent déjà depuis août, notamment en Allemagne, en Corée du Sud et au Brésil, tandis que la consommation faiblit aux États-Unis, en zone euro et en Chine.
Les États-Unis et l’Europe en ligne de mire
L’économie américaine devrait être la première à encaisser le choc : après une croissance de 2,8 % en 2024, le PIB ne progresserait que de 1,8 % en 2025, puis 1,5 % en 2026, selon l’OCDE. La zone euro s’en sort légèrement mieux avec une croissance attendue de 1,2 % en 2025, avant de ralentir à 1 % en 2026.
Depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a relevé les droits de douane effectifs à 19,5 %, un niveau inédit depuis 1933. Une stratégie qui pèse déjà sur le commerce international et suscite des inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire et financière à long terme.
Risques persistants
Pour Alvaro Pereira, économiste en chef de l’OCDE et futur gouverneur de la Banque du Portugal, la croissance actuelle reste bien en deçà des cycles vigoureux passés : « Quand l’économie se porte très bien, elle tourne autour de 4 %. Nous en sommes loin. »
Il souligne également la montée de l’inflation, en particulier aux États-Unis, mais aussi dans d’autres régions touchées par la flambée des prix alimentaires, comme le Japon ou l’Afrique du Sud.
L’OCDE identifie enfin plusieurs facteurs de vulnérabilité : de nouvelles hausses de droits de douane, un endettement public croissant et des tensions sur les taux d’emprunt. Autant d’éléments susceptibles de freiner une reprise encore fragile.

