La rhétorique américaine se durcit encore dans la guerre en cours contre l’Iran. Vendredi 6 mars, le président américain Donald Trump a exigé une « capitulation sans condition » de Téhéran, affirmant également vouloir peser sur le choix des futurs dirigeants iraniens et participer à la reconstruction du pays une fois le conflit terminé.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président américain a exclu toute perspective de négociation avec les autorités iraniennes. « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une capitulation sans condition », a-t-il écrit en lettres capitales, promettant ensuite de travailler avec ses alliés pour reconstruire l’économie iranienne et « rendre le pays plus grand, meilleur et plus fort que jamais ».
Cette déclaration intervient alors que l’offensive menée conjointement par les États-Unis et Israël se poursuit contre la République islamique. Donald Trump a même détourné son célèbre slogan politique en lançant un nouveau mot d’ordre : « Make Iran Great Again (MIGA) ».
Face à la portée de ces propos, la Maison Blanche a toutefois tenté d’en atténuer la signification. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a expliqué que le président faisait référence à une situation dans laquelle l’Iran ne représenterait plus une menace pour les États-Unis une fois les objectifs de l’opération militaire baptisée « Fureur Épique » atteints. Selon elle, l’expression « capitulation » renverrait davantage à l’aboutissement stratégique de l’offensive qu’à une reddition formelle au sens du droit de la guerre.
Cette interprétation ne correspond cependant pas à la définition classique d’une capitulation, qui suppose qu’un belligérant reconnaisse officiellement sa défaite et accepte une reddition totale.
Au début du conflit, Donald Trump avait laissé entendre qu’un dialogue restait envisageable avec Téhéran. Mais le ton a depuis radicalement changé. Lors d’une réception organisée jeudi à la Maison Blanche, le président américain a affirmé que des responsables iraniens avaient tenté d’ouvrir des discussions. « Ils appellent et demandent comment trouver un accord. Je leur ai répondu qu’ils arrivaient trop tard », a-t-il déclaré, ajoutant que Washington était désormais déterminé à poursuivre la confrontation.
Parallèlement, plusieurs déclarations du président semblent contredire la ligne officielle de son administration, qui affirme que l’objectif de l’offensive n’est pas de renverser le régime iranien. Donald Trump a en effet indiqué vouloir intervenir dans la désignation du successeur du guide suprême Ali Khamenei, tué lors d’une frappe au début de l’opération militaire.
Dans un entretien rapporté par la journaliste de CNN Dana Bash, il a toutefois assuré ne pas être opposé à l’émergence d’un nouveau dirigeant religieux à la tête du pays. « Je n’ai rien contre les dirigeants religieux », aurait-il déclaré.
Le président américain a également comparé la situation iranienne au précédent vénézuélien, évoquant l’arrestation de l’ancien président Nicolas Maduro et la coopération actuelle avec la dirigeante Delcy Rodríguez. Selon lui, un scénario similaire pourrait s’appliquer en Iran et permettre une transition politique rapide une fois le conflit terminé.
Alors que les opérations militaires se poursuivent et que les objectifs américains restent encore flous, ces déclarations illustrent la stratégie fluctuante de Washington dans ce conflit qui redessine l’équilibre géopolitique au Moyen-Orient.


