À l’occasion de la Journée mondiale de la population, célébrée chaque 11 juillet, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) ont organisé à Rabat un événement marquant la présentation du rapport mondial 2025 sur l’état de la population. L’édition de cette année, basée sur une enquête conjointe menée par l’UNFPA et YouGov dans 14 pays, dont le Maroc, révèle une tendance silencieuse mais significative : dans un monde en constante mutation, de plus en plus de personnes ne peuvent pas fonder la famille qu’elles espéraient.
Intitulé « La véritable crise de la fécondité : la quête du libre arbitre en matière de procréation dans un monde en mutation », le rapport alerte sur un constat lourd de sens. Il ne s’agit pas d’un rejet de la parentalité, mais plutôt d’un renoncement imposé. Au Maroc, un tiers des personnes âgées de plus de 50 ans affirment ne pas avoir eu autant d’enfants qu’elles le souhaitaient. En cause ? Des raisons essentiellement financières, selon 47 % des sondés.
Ce déficit de fécondité souhaitée, aussi discret qu’important, ne relève pas de la démographie classique. Il interpelle sur des choix de société, des obstacles économiques persistants, et surtout sur le droit fondamental de décider librement du nombre d’enfants à avoir. Dans un contexte national marqué par les résultats du 7ᵉ Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 2024), cette problématique prend une résonance particulière. Le recensement apporte des données précieuses sur les dynamiques familiales actuelles et permet d’éclairer les politiques publiques à mettre en œuvre.
Réunissant des experts issus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), de l’ICESCO, de l’IRES, de l’Université Mohammed V de Rabat et du Policy Center for the New South, la rencontre a permis de croiser les regards et d’esquisser des pistes concrètes pour agir. Ces échanges ont mis en avant l’importance d’intégrer la question de la fécondité dans une lecture plus large des transformations sociales : urbanisation, précarité, emploi des femmes, accès aux services de santé reproductive, autant de facteurs qui conditionnent désormais les trajectoires familiales.
L’événement a également été l’occasion de célébrer les 50 ans de présence de l’UNFPA au Maroc. Pour marquer cet anniversaire, un visuel symbolique a été dévoilé. Il rend hommage à la force des liens intergénérationnels, à la richesse des structures familiales marocaines et à l’évolution profonde que connaît le pays depuis plusieurs décennies.
Si la fécondité a longtemps été au cœur des politiques de population, c’est aujourd’hui le droit au choix qui devient central. Donner à chaque individu la possibilité de décider librement de sa vie familiale est un enjeu de justice sociale, mais aussi une condition essentielle à un développement durable et équilibré. Le Maroc, engagé dans une réforme sociale ambitieuse, ne pourra faire l’économie de cette réflexion.

