L’économie marocaine a signé en 2024 une reprise solide, portée par le dynamisme du secteur des entreprises et une amélioration sensible du pouvoir d’achat des ménages.
Selon le HCP, le produit intérieur brut (PIB), exprimé aux prix courants, atteint 1 596,8 milliards de dirhams, en hausse de 7,9 % par rapport à 2023. Un rythme soutenu qui confirme le retour d’une trajectoire ascendante après deux années marquées par les tensions inflationnistes et le ralentissement mondial.
Au cœur de cette croissance, les sociétés financières et non financières se distinguent. Elles concentrent 45,7 % de la richesse créée dans le pays et réalisent près de 60 % de l’épargne nationale, tout en assurant plus de la moitié de l’investissement. La formation brut du capital fixe, indicateur-clé du cycle économique, progresse de 13,9 % pour atteindre 422,5 milliards de dirhams. Les entreprises, là encore, donnent le rythme grâce à une reprise marquée de leurs dépenses d’investissement.
En parallèle, les administrations publiques contribuent à hauteur de 14,8 % du PIB et portent 20,3 % du revenu national brut disponible. Le secteur public demeure un acteur majeur de l’économie, notamment à travers les investissements structurants et la dépense sociale. Les ménages et les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) pèsent quant à eux 28,4 % de la valeur ajoutée nationale et concentrent 63,1 % du revenu national brut disponible.
Une amélioration réelle du revenu des ménages
Le revenu disponible brut des ménages progresse de 6,7 % et s’établit à 1 059,7 milliards de dirhams. Une dynamique portée par la hausse des salaires, qui représentent 45,3 % du revenu total, et par l’augmentation des revenus de la propriété. En parallèle, l’effet des prestations sociales se renforce, traduisant l’impact direct des transferts publics sur la résilience du revenu familial.
Après un recul marqué en 2022 et une timide reprise en 2023, le pouvoir d’achat se rétablit nettement. Il progresse de 5,1 points, à la faveur d’une inflation contenue à 0,9 % sur l’année. Par habitant, le revenu disponible atteint 28 808 dirhams, contre 27 176 dirhams un an plus tôt. La consommation finale absorbe 89,2 % du revenu des ménages, ce qui reconfirme le rôle moteur de la demande interne.
Le taux d’épargne, indicateur de confiance et de capacité de projection, remonte à 11,3 %. Un signal notable dans un contexte où les prix ont pesé sur l’arbitrage financier des ménages au cours des dernières années.
L’investissement privé en position dominante
Avec une épargne nationale en hausse de 11,6 %, les marges de financement se renforcent. Les entreprises assurent 60,3 % de cette épargne et prennent la tête des flux d’investissement avec 59,2 % de la formation brute du capital fixe. Le cycle s’inverse pour le secteur des sociétés non financières, qui bascule d’une situation de capacité de financement en 2023 à un besoin de financement de 8,2 milliards de dirhams en 2024. Une évolution qui témoigne d’un regain d’efforts d’investissement.
Les administrations publiques voient leur besoin de financement s’alléger, passant de 36,6 milliards de dirhams en 2023 à 24,4 milliards en 2024. Du côté des ménages, la capacité de financement s’améliore, atteignant 23,2 milliards de dirhams. L’endettement privé progresse modérément, alors que les dépôts bancaires connaissent une forte croissance, soutenus notamment par la remontée de l’épargne.
Une trajectoire économique cohérente avec les priorités nationales
Ces résultats traduisent une architecture économique où l’entreprise reprend pleinement son rôle de locomotive, tandis que le revenu des ménages se consolide. La maîtrise de l’inflation, la progression du revenu salarial et la dynamique des investissements privés tissent le fil conducteur d’un cycle vertueux, qui repose sur la convergence entre création de valeur, redistribution et capacité d’épargne.
L’enjeu à moyen terme sera de maintenir cette accélération de l’investissement productif et de consolider les gains de pouvoir d’achat, dans un contexte international qui reste fragile. Le rebond observé en 2024 confirme cependant la robustesse des fondamentaux de l’économie marocaine, ainsi que l’impact des politiques publiques orientées vers le soutien au revenu, la modernisation des infrastructures et la transformation industrielle.
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