Les chefs d’entreprise du secteur des services marchands non financiers (SMNF) affichent un optimisme mesuré pour le début de l’année 2026. Selon la dernière note de conjoncture publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), 36% des patrons anticipent une hausse de l’activité au premier trimestre 2026, tandis que 14% s’attendent à un recul. Cette tendance traduit une dynamique contrastée selon les branches, dans un contexte économique marqué par des ajustements sectoriels.
Les perspectives favorables reposent principalement sur la progression attendue dans les transports terrestres et le transport par conduites, ainsi que dans les activités d’entreposage et les services auxiliaires des transports. Ces segments devraient tirer l’activité globale vers le haut au cours des premiers mois de l’année. À l’inverse, certaines branches pourraient freiner cette dynamique. Les entreprises interrogées évoquent notamment un recul attendu dans les transports par eau, les activités de location et location-bail, ainsi que dans le secteur des activités immobilières.
La demande adressée aux entreprises du secteur devrait, dans l’ensemble, rester stable. Près de 63% des chefs d’entreprise prévoient une stabilité de la demande, alors que 28% anticipent une progression. Les prévisions concernant l’emploi suivent la même tendance prudente. 61% des dirigeants tablent sur un maintien des effectifs, tandis que 22% envisagent une augmentation au cours du premier trimestre.
Ces perspectives interviennent après un dernier trimestre 2025 marqué par un ralentissement de l’activité. Selon l’enquête du HCP, 49% des chefs d’entreprise déclarent une baisse de l’activité au quatrième trimestre 2025, contre 34% qui évoquent une hausse. Plusieurs branches ont pesé sur cette évolution, notamment les télécommunications, le transport aérien et les activités de location et location-bail, qui ont enregistré un repli notable.
D’autres segments ont toutefois permis d’atténuer ce recul. Les activités d’hébergement et de restauration, les transports terrestres ainsi que les services d’entreposage et auxiliaires des transports ont connu une progression durant la même période, confirmant leur rôle moteur dans l’économie des services.
L’enquête de conjoncture met également en lumière le niveau d’utilisation des capacités de prestation du secteur. Au quatrième trimestre 2025, le taux d’utilisation des capacités (TUC) s’est établi à 74%, signe d’un niveau d’activité relativement soutenu malgré les fluctuations observées dans certaines branches.
Les entreprises interrogées font aussi état de carnets de commandes globalement jugés normaux par 84% des chefs d’entreprise. Sur le plan de l’emploi, 23% des sociétés déclarent avoir augmenté leurs effectifs, tandis que 60% signalent une stabilité, confirmant une gestion prudente des ressources humaines dans un contexte économique encore incertain.
Les investissements réalisés en 2025 reflètent cette stratégie d’adaptation. Selon le HCP, 83% des entreprises du secteur des services marchands non financiers ont consacré leurs dépenses d’investissement principalement au remplacement d’équipements et à l’extension de leurs activités. Ces choix traduisent la volonté de maintenir la compétitivité et d’accompagner l’évolution de la demande.
Au début de 2026, les indicateurs recueillis par le HCP dessinent ainsi un paysage économique partagé entre prudence et reprise progressive. Si plusieurs branches demeurent fragiles, d’autres segments des services continuent de soutenir l’activité, laissant entrevoir une amélioration modérée du secteur des services marchands non financiers au Maroc.


