La mise à niveau du parc national des taxis a franchi un seuil décisif.
À l’échelle du Royaume, près de huit véhicules sur dix ont déjà été renouvelés grâce au programme de soutien piloté par le ministère de l’Intérieur. Une avancée majeure pour un secteur longtemps marqué par la vétusté de ses équipements, mais dont la transition vers l’électrique demeure encore embryonnaire.
C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, en réponse à des questions parlementaires relatives à l’accompagnement des professionnels du transport par taxi dans l’adoption des véhicules électriques. Il a rappelé que la modernisation des taxis, qu’ils soient de première ou de deuxième catégorie, constitue un axe prioritaire de la politique publique visant l’amélioration du service, la sécurité routière et la réduction de l’empreinte environnementale.
Un renouvellement massif aux effets tangibles
Le programme de renouvellement a permis l’introduction de véhicules répondant à des normes techniques plus exigeantes, avec à la clé une baisse significative de la consommation de carburant, estimée en moyenne à près de 40 %. Cette évolution s’est traduite par une diminution des émissions polluantes, un meilleur confort pour les usagers et des conditions de travail améliorées pour les chauffeurs.
L’accès au dispositif reste conditionné à l’acquisition de véhicules neufs conformes aux critères réglementaires en vigueur, notamment en matière de capacité, de sécurité et de performance. Une exigence assumée par les autorités, qui entendent professionnaliser durablement un secteur central dans la mobilité urbaine.
Une réforme de fond en préparation
Au-delà du renouvellement du parc, le ministère de l’Intérieur a engagé une réflexion plus large sur l’avenir du transport par taxis. Une étude stratégique est en cours d’élaboration afin de poser les bases d’une réforme structurelle, destinée à corriger les déséquilibres organisationnels et à adapter le cadre réglementaire aux évolutions économiques et technologiques.
L’électrique encore marginal
Si le dispositif actuel autorise l’acquisition de taxis électriques ou hybrides, l’adhésion des professionnels reste limitée. Le ministre explique cette prudence par plusieurs contraintes, notamment le coût encore élevé de ces véhicules, le manque d’infrastructures de recharge adaptées et les impératifs opérationnels d’un métier exigeant de longues heures de circulation quotidienne.
Pour autant, la dynamique n’est pas exclue. Les progrès rapides de l’industrie automobile, l’amélioration de l’autonomie des batteries, la réduction des temps de recharge et le développement progressif des réseaux de bornes laissent entrevoir une montée en puissance graduelle de l’électrique dans les années à venir.
À moyen terme, la baisse attendue des coûts et l’émergence d’offres spécifiquement pensées pour les usages professionnels pourraient accélérer cette transition. Le ministère de l’Intérieur se dit, pour sa part, disposé à accompagner toute initiative visant à promouvoir des solutions de transport plus durables, en cohérence avec les engagements du Maroc en matière de transition énergétique et de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

