Une étude conjointe de Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents (OEM) alerte sur l’ampleur des mutations à venir sur le marché du travail français. D’ici 2030, près de 5 millions d’emplois pourraient être affectés par le développement de l’intelligence artificielle générative, soit plus de 16 % de l’emploi total.
Selon cette analyse relayée par plusieurs médias, les systèmes d’IA sont désormais capables de prendre en charge des tâches complexes, allant de l’analyse à la planification, jusqu’à l’exécution, avec une rapidité et une efficacité accrues. Une évolution qui rebat les cartes dans de nombreux secteurs.
Contrairement aux idées reçues, les métiers les plus exposés ne sont pas nécessairement les moins qualifiés. L’étude met en avant une vulnérabilité accrue des professions à forte valeur ajoutée, notamment les architectes, les ingénieurs, ainsi que les spécialistes de l’informatique et de la finance.
Les fonctions supports en entreprise apparaissent également en première ligne. Les activités administratives, la comptabilité ou encore les métiers juridiques figurent parmi les segments les plus susceptibles d’être transformés, voire partiellement automatisés.
À l’inverse, les métiers manuels et de proximité devraient être relativement préservés. Les professions comme coiffeur, cuisinier ou plombier restent, à ce stade, moins exposées à une substitution directe par des technologies automatisées.
Les projections du Forum économique mondial confirment cette dynamique. D’ici cinq ans, la part des tâches réalisées par des systèmes d’intelligence artificielle pourrait passer de 22 % à 34 %, traduisant une accélération nette de l’automatisation des activités.
Cette transformation n’est toutefois pas inédite. Entre 1994 et 2014, l’automatisation aurait déjà entraîné la disparition de 214.000 emplois en France, en particulier dans l’industrie automobile, illustrant une tendance de fond à l’œuvre depuis plusieurs décennies.
Pour autant, plusieurs travaux nuancent l’ampleur des destructions nettes d’emplois. L’intelligence artificielle devrait également contribuer à redéfinir les métiers existants et à faire émerger de nouvelles fonctions, suggérant une recomposition du marché du travail davantage qu’un effondrement généralisé de l’emploi.

