Réglementation des changes au Maroc
Depuis le 1er janvier 2026, la réglementation des changes au Maroc évolue avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC 2026), publiée par l’Office des Changes. Cette réforme majeure, fruit d’une concertation étroite avec les professionnels, les associations sectorielles et les institutions financières, marque une étape décisive dans la libéralisation progressive et maîtrisée du cadre réglementaire, tout en préservant l’équilibre extérieur du Royaume.
La version 2026 de l’IGOC se distingue par une architecture entièrement repensée. Structurée en six chapitres regroupant 256 articles, elle offre désormais une présentation plus logique et accessible, facilitant la compréhension des droits et obligations pour les particuliers et les opérateurs économiques. Les deux premiers chapitres fixent les principes généraux applicables à toutes les opérations de change, couvrant notamment le champ d’application, les définitions, les modes de règlement, ainsi que le fonctionnement du marché des changes. Les quatre chapitres suivants détaillent les règles relatives aux opérations courantes et en capital, ainsi que les conditions d’ouverture et de gestion des comptes concernés.
Investissements et start-ups : un cadre plus souple
Parmi les mesures phares de l’IGOC 2026 figure un soutien renforcé à l’investissement, particulièrement pour les start-ups labellisées par l’Agence de Développement du Digital (ADD). Ces entreprises peuvent désormais investir à l’étranger jusqu’à 10 millions de dirhams par an, sans être soumises à la condition des trois années d’existence ni à l’obligation de certification des comptes par un commissaire aux comptes.
Le texte introduit également la possibilité pour les résidents marocains de fournir des garanties d’actif et de passif aux investisseurs non-résidents lors de cessions d’actions ou de parts sociales. Les étrangers résidents ayant investi au Maroc depuis au moins dix ans peuvent transférer les revenus de leurs investissements, même sans justificatifs de financement en devises, dans la limite de 2 millions de dirhams par an.
E-commerce et exportations de services : des règles assouplies
L’IGOC 2026 vise également à stimuler le commerce électronique et les exportations de services. Les entreprises titulaires de contrats à l’étranger peuvent approvisionner leurs comptes en devises ou en dirhams convertibles à hauteur de 15 % du montant rapatrié, sous certaines conditions.
Pour le e-commerce, les start-ups labellisées bénéficient d’une dotation annuelle portée à 2 millions de dirhams, contre 1 million auparavant. Les sociétés nouvellement créées, exonérées d’impôt ou dont l’impôt payé est inférieur à 50.000 dirhams, reçoivent désormais une dotation minimale de 50.000 dirhams par an. Pour les particuliers, le plafond annuel de la dotation e-commerce passe à 20.000 dirhams.
Le régime des importations de services est élargi et clarifié, avec la suppression de la liste limitative des opérations déléguées aux banques et l’inclusion d’entités telles que les associations de microfinance. Les instruments de couverture bénéficient d’une extension, permettant la compensation des positions pour tous types de risques financiers, y compris les fluctuations de change, de taux d’intérêt et des prix des matières premières.
Voyages et crédits immobiliers : dotations relevées
Le nouveau texte augmente également les dotations pour les voyages d’affaires. Les sociétés sans compte en devises ou en dirhams convertibles peuvent désormais disposer d’une dotation maximale de 1 million de dirhams, tandis que les opérateurs catégorisés voient leur plafond porté à 1,5 million.
Pour les voyages personnels à l’étranger, la dotation supplémentaire double, passant de 200.000 à 400.000 dirhams, cumulable avec la dotation de base de 100.000 dirhams, dans une limite annuelle de 500.000 dirhams par personne. Cette mesure s’applique désormais également aux étrangers résidents. Les frais mensuels pour les études à l’étranger passent de 12.000 à 15.000 dirhams.
Enfin, le régime des crédits immobiliers pour les Marocains résidant à l’étranger est adapté. Le financement en dirhams peut couvrir jusqu’à 80 % de la valeur du bien, sans limitation du nombre de biens acquis sur le territoire national.
Une libéralisation progressive mais maîtrisée
Avec l’IGOC 2026, l’Office des Changes confirme sa volonté de renforcer la compétitivité des opérateurs économiques, de soutenir l’investissement et de consolider la convertibilité du dirham. Cette réforme s’inscrit dans un contexte d’intégration croissante du Maroc dans les échanges régionaux et internationaux, tout en assurant un cadre sécurisé pour les particuliers et les entreprises.
FAQ – Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’IGOC 2026 ?
C’est la nouvelle Instruction Générale des Opérations de Change, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, visant à clarifier et libéraliser les opérations de change au Maroc.
Qui peut bénéficier des nouvelles dotations e-commerce ?
Les start-ups labellisées par l’ADD, les sociétés nouvellement créées exonérées d’impôt et les particuliers, avec des plafonds annuels spécifiques.
Quels changements pour les voyages personnels ?
La dotation supplémentaire passe à 400.000 dirhams, cumulable avec la dotation de base, applicable également aux étrangers résidents.
Comment l’IGOC 2026 soutient-elle l’investissement à l’étranger ?
Les start-ups peuvent investir jusqu’à 10 millions de dirhams par an sans conditions d’ancienneté ou certification des comptes.
Le financement immobilier pour les MRE a-t-il changé ?
Oui, le taux de financement en dirhams peut atteindre 80 % de la valeur du bien, sans limitation du nombre de biens.


