Au moins 11 personnes ont perdu la vie et 19 autres sont toujours portées disparues après un violent incendie de forêt qui ravage la province d’Almería, dans le sud de l’Espagne. Attisé par une chaleur extrême et des conditions météorologiques défavorables, le feu s’est propagé à une vitesse fulgurante dans les environs de Los Gallardos et de Bédar, poussant des centaines d’habitants à évacuer leurs logements.
Le bilan humain, d’abord révisé à plusieurs reprises par les autorités andalouses, s’établit désormais à 11 morts. Les secours précisent toutefois que ce chiffre pourrait encore évoluer, les opérations de recherche se poursuivant dans une zone fortement endommagée par les flammes.
Les corps des victimes ont été retrouvés dans et autour du village de Bédar. Plusieurs personnes ont été découvertes à bord de véhicules entièrement calcinés, tandis que d’autres semblent avoir péri en tentant d’échapper à l’incendie. Selon Antonio Sanz, ministre andalou chargé des urgences, la majorité, voire la totalité des victimes, pourraient être des ressortissants étrangers. Parmi elles figureraient quatre personnes voyageant dans un véhicule équipé d’un volant à droite, laissant penser qu’il s’agit de citoyens britanniques. Leur identité fait toujours l’objet de vérifications.
Au total, huit personnes ont été blessées, dont quatre grièvement. Les victimes souffrent principalement de brûlures importantes ou d’intoxications provoquées par les fumées. Les autorités indiquent également que 19 personnes restent introuvables depuis le déclenchement du sinistre.
Près de 3 150 hectares de végétation ont déjà été détruits. L’incendie a entraîné la fermeture de plusieurs routes et l’évacuation d’environ 1 000 habitants. Une cinquantaine de personnes ont notamment été accueillies dans un centre culturel transformé en refuge d’urgence.
Les premières constatations orientent les enquêteurs vers la chute d’un pylône électrique ou d’une ligne à haute tension, qui aurait enflammé une végétation particulièrement sèche avant que le feu ne se propage rapidement à la forêt environnante. Les autorités soulignent toutefois que l’origine exacte de l’incendie devra être confirmée par l’enquête en cours. Le président de la région d’Andalousie, Juanma Moreno, a indiqué que les éventuelles responsabilités liées à l’entretien des infrastructures seraient examinées.
Face à l’ampleur du sinistre, près de 400 professionnels ont été mobilisés, dont 150 militaires de l’Unité militaire d’urgence (UME), spécialisée dans les catastrophes majeures. Les équipes interviennent aux côtés des pompiers et des services de protection civile pour tenter de contenir les flammes malgré des conditions particulièrement difficiles.
Antonio Sanz a qualifié ce drame de « feu le plus dévastateur jamais connu en Andalousie », évoquant une tragédie sans précédent pour la région. Juanma Moreno a fait part de sa profonde émotion et n’a pas exclu une aggravation du bilan au cours des prochaines heures.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a présenté ses condoléances aux familles des victimes et exprimé son soutien aux habitants touchés par la catastrophe, tout en saluant le travail des équipes mobilisées sur le terrain.
Cet incendie survient alors que l’Espagne traverse une nouvelle vague de chaleur exceptionnelle. Depuis plusieurs semaines, les températures dépassent régulièrement les 40 °C dans une grande partie du pays, créant des conditions favorables au déclenchement et à la propagation des feux de forêt.
L’Espagne, comme d’autres pays du sud de l’Europe, fait face à une multiplication des incendies durant les étés récents. La France et le Portugal sont également confrontés à d’importants feux de végétation cette année. En 2025, plus d’un million d’hectares avaient brûlé dans l’Union européenne, un record depuis le début des relevés, tandis que les scientifiques soulignent que le réchauffement climatique favorise des saisons des incendies plus longues, plus fréquentes et plus destructrices.

