Plusieurs rues du centre de Manhattan ont été évacuées mardi matin après l’apparition de graves désordres structurels dans un gratte-ciel en rénovation situé à proximité de Grand Central Terminal et du siège des Nations unies. Les autorités new-yorkaises ont ordonné l’évacuation immédiate du chantier ainsi que de plusieurs immeubles voisins après la déformation de colonnes porteuses et l’affaissement de plusieurs étages du bâtiment.
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a qualifié la situation d’« extrêmement grave », tout en précisant qu’aucun blessé n’avait été recensé et que tous les ouvriers présents sur le site avaient été localisés. Des ingénieurs spécialisés travaillent désormais à des solutions de stabilisation afin d’éviter toute aggravation des dommages.
L’incident concerne la tour située au 235 East 42nd Street, un immeuble de 37 étages qui accueillait autrefois le siège du groupe pharmaceutique Pfizer. Le bâtiment fait actuellement l’objet d’un vaste programme de reconversion destiné à transformer d’anciens bureaux en logements résidentiels haut de gamme.
Les premiers signes d’alerte sont apparus après des chutes de briques signalées par des ouvriers du chantier. À leur arrivée, les équipes du service des incendies ont constaté que deux colonnes porteuses situées aux 21e et 22e étages présentaient d’importantes déformations. Les inspections ont également révélé de multiples fissures ainsi que des affaissements de planchers entre les 21e et 26e niveaux.
Face au risque d’effondrement partiel, les autorités ont rapidement sécurisé le périmètre. Plusieurs rues ont été fermées à la circulation automobile et piétonne en pleine heure de pointe, tandis que des hôtels, commerces et appartements voisins ont été évacués par précaution.
Près de 150 pompiers et membres des services médicaux d’urgence ont été mobilisés sur les lieux. Des drones ont été déployés afin d’évaluer l’état de la structure sans exposer davantage les équipes d’intervention. Les ingénieurs du département des bâtiments de la ville poursuivent leurs analyses pour déterminer l’origine exacte des défaillances observées.
Des vidéos diffusées par des ouvriers présents sur le chantier semblent montrer des colonnes visiblement déformées à l’intérieur du bâtiment. Plusieurs témoins ont raconté avoir quitté précipitamment les lieux après avoir été informés des risques pesant sur la structure.
Le promoteur immobilier MetroLoft, chargé du projet, assure pour sa part que l’ensemble de la tour ne présente pas de risque d’effondrement généralisé. Selon l’entreprise, la zone concernée serait limitée à une partie spécifique de l’un des deux bâtiments composant le complexe.
Les investigations s’orientent notamment vers les travaux d’extension actuellement menés dans la partie supérieure de l’édifice. Les quinze derniers étages en cours d’aménagement devaient être élargis afin d’offrir des surfaces plus importantes que celles des niveaux inférieurs. Selon le dirigeant de MetroLoft, la charge supplémentaire imposée à certaines colonnes pourrait avoir contribué à leur déformation, même si les causes précises restent encore à déterminer.
Le projet immobilier, dont l’achèvement est prévu pour le début de l’année 2027, prévoit la création d’environ 1 600 appartements sur près de 120 000 mètres carrés. Il s’agit de la plus importante opération de transformation de bureaux en logements jamais entreprise à New York, un modèle de reconversion devenu stratégique pour répondre à la baisse de la demande de surfaces de bureaux dans plusieurs quartiers d’affaires américains.
L’incident relance désormais le débat sur les défis techniques liés à la transformation d’immeubles de bureaux vieillissants en résidences modernes, particulièrement lorsque les projets impliquent des extensions verticales ou des modifications importantes de la structure d’origine.


