Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau ferroviaire. Réuni mercredi à Abidjan, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un financement de 205 millions d’euros destiné à soutenir le Projet d’appui au développement des infrastructures ferroviaires (PADIF), un programme stratégique centré sur le corridor Kénitra-Marrakech et l’extension de la ligne à grande vitesse.
Cette enveloppe doit permettre de renforcer la capacité et les performances opérationnelles de l’un des axes ferroviaires les plus sollicités du Royaume, aussi bien pour le transport des voyageurs que pour les flux de marchandises. L’objectif affiché est d’accompagner la croissance de la demande tout en améliorant la fluidité des déplacements entre les principaux centres économiques et urbains du pays.
Le projet repose sur deux piliers complémentaires : la poursuite du développement de la LGV entre Kénitra et Marrakech et la modernisation des infrastructures ferroviaires conventionnelles déjà en service sur ce corridor stratégique. Les investissements prévus concernent notamment l’acquisition de rails neufs, d’appareils de voie et d’équipements techniques destinés à accroître la capacité du réseau et à améliorer sa fiabilité sur le long terme.
Au-delà de la dimension ferroviaire, le programme ambitionne de transformer les conditions de mobilité à l’échelle nationale. La réduction des temps de parcours entre les grandes villes, l’amélioration de la régularité des dessertes et l’optimisation des échanges logistiques devraient bénéficier aussi bien aux voyageurs qu’aux entreprises opérant sur les principaux axes économiques du Royaume.
Le financement accordé par la Banque africaine de développement s’inscrit également dans une logique de transition vers des modes de transport moins émetteurs de carbone. En renforçant l’attractivité du rail face au transport routier, les autorités misent sur une mobilité plus durable, capable de répondre aux exigences environnementales tout en soutenant la croissance économique.
Pour Achraf Tarsim, responsable du bureau pays du Groupe de la BAD au Maroc, l’extension de la ligne à grande vitesse et la modernisation des infrastructures existantes permettront d’absorber l’augmentation attendue du trafic voyageurs et marchandises, de fluidifier les échanges commerciaux et de consolider la position du Maroc comme plateforme logistique reliant l’Europe et l’Afrique.
Le PADIF prévoit également un important volet consacré à la gestion du projet. Celui-ci englobe la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre ainsi que les dispositifs de suivi et d’évaluation destinés à mesurer les résultats obtenus et les retombées économiques du programme, avec l’objectif d’assurer une exécution efficace des investissements engagés.
Cette opération s’inscrit dans les orientations du Nouveau modèle de développement ainsi que dans le cadre du plan « Rail 2040 », feuille de route nationale visant à accélérer la modernisation du réseau ferroviaire marocain et à accompagner les besoins croissants en mobilité des prochaines décennies.
Partenaire historique du Royaume, la Banque africaine de développement a mobilisé près de 15 milliards d’euros au Maroc depuis 1978 pour financer plus de 150 projets et programmes couvrant des secteurs clés tels que les transports, l’énergie, l’agriculture, l’eau, la protection sociale, la gouvernance et le secteur financier.
Avec ce nouveau financement, la modernisation du corridor Kénitra-Marrakech prend une dimension supplémentaire et confirme la place centrale du ferroviaire dans la stratégie de développement économique et logistique du Maroc.


