Après plusieurs semaines de tensions armées meurtrières, responsables militaires indiens et pakistanais doivent s’entretenir ce lundi à la mi-journée pour évaluer la situation dans la région du Cachemire, le long de leur frontière disputée. Une soixantaine de civils ont perdu la vie dans les récentes escalades.
C’est la première accalmie notable depuis des jours sur la ligne de contrôle (LoC), qui divise le Cachemire entre les deux puissances nucléaires. Ce calme relatif intervient après des affrontements intenses impliquant drones, frappes de missiles et artillerie lourde. Un échange entre les commandements militaires est prévu à 06h30 GMT, selon l’armée indienne.
?India-Pakistan top military officials to speak as ceasefire holds pic.twitter.com/PgqPEL0WYy
— India & The World (@IndianInfoGuid) May 12, 2025
Les combats, les plus graves depuis plus de vingt ans entre New Delhi et Islamabad, ont frôlé le point de non-retour. La semaine dernière, la situation semblait glisser vers une confrontation ouverte, jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit annoncé à la surprise générale par Donald Trump, qui s’est attribué un rôle de médiateur dans la désescalade. Les deux capitales ont confirmé l’accord, précisant qu’il avait été conclu sans intermédiaire, du moins selon la version indienne.
Toutefois, cette trêve a rapidement été mise à mal par de nouvelles accusations réciproques de violations. Des explosions ont été signalées samedi soir dans plusieurs zones du Cachemire indien, notamment à Srinagar, en pleine nuit. Mais les affrontements ont cessé à l’aube.
Les deux états-majors affichaient dimanche leur satisfaction. « Nos objectifs ont été atteints », a assuré le général indien AK Barthi. Son homologue pakistanais, le général Ahmed Chaudhry, a salué une « réussite tactique » pour ses troupes.
Malgré cette rhétorique de victoire, l’incertitude demeure sur le terrain. Les habitants de la région restent méfiants, habitués à des cycles de violence suivis de trêves brèves et souvent illusoires. « Cela fait un demi-siècle que j’assiste à ces va-et-vient », soupire Mohammed Munir, employé public à Chakhoti, côté pakistanais.
Du côté indien, à Kotmaira, Kuldeep Raj raconte que des obus sont tombés samedi soir, après l’annonce du cessez-le-feu. « Un accord ne suffit pas à ramener la paix », confie-t-il, visiblement éreinté.
Si Washington évoque désormais une possible solution durable au conflit du Cachemire, cette perspective semble prématurée aux yeux de nombreux observateurs. Une source officielle indienne l’a d’ailleurs balayée d’un revers de main, estimant que les tensions entre les deux pays resteront vives. « Le climat n’est pas à l’apaisement », confirme Praveen Donthi, analyste à l’International Crisis Group.

