Les deux puissances nucléaires d’Asie du Sud ont décidé, ce jeudi, de prolonger le cessez-le-feu instauré samedi dernier, après une flambée de violence d’une intensité inédite depuis la fin des années 1990.
La tension était à son comble depuis plusieurs jours sur la ligne de contrôle au Cachemire. Ce jeudi 15 mai, le Pakistan a annoncé que les chefs militaires des deux camps avaient convenu de prolonger le cessez-le-feu jusqu’au dimanche 18 mai. L’annonce a été faite par le ministre pakistanais des affaires étrangères, Ishaq Dar, également vice-Premier ministre, lors d’une déclaration devant la chambre haute du Parlement.
Une accalmie fragile après des échanges meurtriers
Cette décision intervient à l’issue d’une série de discussions directes entre les états-majors des deux pays, engagées les 14 et 15 mai, alors que la communauté internationale s’inquiétait d’un nouvel engrenage militaire. Pour rappel, la semaine dernière, les deux armées s’étaient livré une série d’affrontements d’une intensité rare : frappes de missiles, tirs d’artillerie lourde et drones armés s’étaient multipliés pendant quatre jours.
Cette escalade faisait suite à une attaque sanglante survenue le 22 avril à Pahalgam, dans la région indienne du Cachemire, ayant causé la mort de 26 personnes. L’Inde avait attribué l’attentat à un groupe djihadiste basé sur le sol pakistanais. Islamabad avait rejeté toute implication mais avait immédiatement répliqué après les frappes indiennes, plongeant la région dans un climat de guerre larvée.
Médiation express et répit diplomatique
La surprise a été totale lorsqu’un cessez-le-feu a été annoncé samedi dernier par le président américain Donald Trump, qui a affirmé avoir personnellement négocié cette pause entre les deux capitales. Washington n’a pas tardé à revendiquer ce geste comme un acte diplomatique majeur, Trump allant jusqu’à dire qu’il avait empêché une « catastrophe nucléaire imminente ».
Depuis l’entrée en vigueur de cette trêve, les armes se sont tues de part et d’autre. La prolongation jusqu’au 18 mai, si elle est respectée, pourrait ouvrir la voie à un dialogue plus structuré, à condition que les tensions politiques ne viennent pas à nouveau enflammer la ligne de front.

