Le ralentissement de l’inflation au Maroc se confirme. D’après les dernières statistiques rendues publiques par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), les prix à la consommation ont connu une baisse de 0,4% en mai 2025, contrastant avec une hausse annuelle de 0,7% observée en avril. Cette tendance traduit un certain apaisement des pressions inflationnistes qui avaient marqué les mois précédents, notamment sur les produits de base.
La diminution est essentiellement imputable à un net recul des prix des denrées alimentaires, qui affichent un repli de 0,8% sur un mois. Dans le détail, les légumes voient leurs prix chuter de 2,1%, suivis des poissons et fruits de mer (–1,7%), des viandes (–1,5%) et des produits laitiers (–1,0%). D’autres postes de consommation, tels que les fruits, les huiles et graisses ou encore le pain et les céréales, enregistrent également un léger fléchissement. Toutefois, quelques hausses ciblées subsistent, notamment pour le café, le thé et le cacao, dont les prix progressent de 0,8%.
Les produits non alimentaires connaissent quant à eux une variation plus modérée, avec une baisse globale de 0,1%. Ce recul est principalement tiré par une diminution significative des prix des carburants, en baisse de 2,7% en mai. Ce facteur a contribué à alléger le panier de consommation des ménages, particulièrement ceux impactés par la volatilité des prix de l’énergie.
Sur le plan géographique, plusieurs régions enregistrent des baisses marquées de l’indice des prix à la consommation. Beni-Mellal se distingue avec un recul de 1,5%, suivie de près par Safi (–1,2%), Tanger (–1,1%) et Kénitra ainsi qu’Errachidia (–0,7%). D’autres villes comme Fès, Oujda, Casablanca, Rabat ou Dakhla ont également connu des baisses, quoique plus modérées. Seules quelques hausses isolées sont signalées à Laâyoune (+0,2%), Al Hoceima (+0,2%) et Marrakech (+0,1%).
En glissement annuel, l’IPC progresse de 0,4%, contre 0,7% en avril. Cette évolution s’explique par une légère hausse des prix des produits alimentaires (+0,5%) et une augmentation plus contenue des produits non alimentaires (+0,3%). Toutefois, cette dernière catégorie présente de fortes disparités : tandis que les prix du transport plongent de 4,3%, ceux des restaurants et hôtels enregistrent une hausse remarquable de 3,9%.
L’inflation sous-jacente, qui ne prend pas en compte les produits aux prix volatils ou réglementés, reste quant à elle inchangée par rapport à avril, avec une progression annuelle de 1,1%. Cette stabilité laisse entrevoir une forme de normalisation de la courbe des prix, après plusieurs mois d’instabilité, renforçant ainsi la perception d’un ralentissement généralisé de la hausse du coût de la vie.
À l’heure où les ménages restent attentifs à l’évolution de leur pouvoir d’achat, ces données confirment une accalmie sur le front de l’inflation. Reste à savoir si cette tendance se confirmera dans les prochains mois, en lien avec les politiques monétaires, les conditions climatiques et l’évolution des marchés mondiaux.

