Face à la flambée persistante des prix et aux critiques formulées au Parlement, le gouvernement assure ne pas avoir abandonné les consommateurs marocains aux dérives du marché. Intervenant lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, le ministre de l’industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a défendu le bilan des mesures prises pour contenir le coût de la vie, affirmant que l’exécutif a agi dans les limites de l’économie nationale fondée sur la liberté des prix.
Selon le ministre, malgré les contraintes internationales et internes, le taux d’inflation au Maroc n’a pas dépassé 7 % sur deux années consécutives. Un indicateur qui, d’après lui, traduit l’existence de politiques publiques visant à atténuer la pression sur le pouvoir d’achat, même si les résultats restent en deçà des attentes de nombreux citoyens. Ryad Mezzour a reconnu que certaines décisions ont pu comporter des erreurs d’appréciation, tout en insistant sur la volonté de protéger les ménages.
Le ministre est également revenu sur l’expression polémique des “prédateurs” des prix, précisant qu’il s’agissait d’une image visant certains acteurs pratiquant des comportements spéculatifs ou abusifs, et non les citoyens. Il a rappelé que le Maroc peut recourir, à titre exceptionnel, au plafonnement des prix, tout en soulignant les risques économiques qu’une telle mesure peut engendrer, notamment dans les filières agricoles et d’élevage.
Sur le plan juridique, le gouvernement reconnaît la nécessité de moderniser la loi sur la protection du consommateur. Un nouveau projet est en préparation afin de renforcer l’encadrement du commerce électronique, définir le rôle des plateformes numériques et améliorer la transparence dans la formation des prix.
De leur côté, plusieurs parlementaires ont pointé les limites des mécanismes actuels. Ils dénoncent des ententes illicites, des pratiques de stockage clandestin et une captation des aides publiques sans impact réel sur les prix. Les élus de l’opposition et de la majorité appellent à des actions concrètes, visibles sur le terrain, ainsi qu’à une révision urgente du cadre légal, notamment à l’approche du mois de ramadan, période sensible pour la consommation des ménages.

